‹ BoccaceChapitre 19 sur 112 · Filocopo, Ameto, aussi Fiammetta · texte numérisé non relu

Filocopo, Ameto, aussi Fiammetta

chaudes du feu (on était en novembre) ; elle le conjure de s'éloigner, « de ne point profaner la chasteté de sa couche » ; il lui répond qu'il ne veut pas user de violence, mais que sûrement, « si elle lui dit non, il ira se tuer et qu'il ne sortira de sa chambre que mort ou satisfait » ; ce disant, il montre un couteau qu'il tient à la main \ Alors la belle, se précipitant sur lui, lui arrache son arme et s'écrie : « Ton intrépidité et ta beauté (?) m'ont désarmée.... » La poésie n'est-elle pas une façon élégante, gracieuse, mais inexacte de voir et d'expliquer les choses ?

Ce qui est sûr, c'est que Boccace ressentit un amour violent. Il aurait pu dire avec Dante : « Ecce Dcus fortior me qui veniens dominabitur mihi : — Voici qu'un Dieu plus fort que moi est venu qui me dominera. » (Vita Nuova, sonnet il.) Il avait trop de passion dans l'âme, son œuvre entière est trop imprégnée d'amour pour qu'il n'ait pas au moins une fois, et probablement celle-ci, violemment aimé.

Amour me donna à vous,

Vous seule êtes mon bien,

Par vous seule je puis être heureux.

Vous êtes mon seul désir,

Le seul réconfort de mon âme douloureuse.

Seule vous donnez des forces à mon génie.

dit-il en terminant YAmorosa Visione.

Filippo Villani, son premier biographe et presque

i. Troilo, dans lu Filostrato, veut se tuer d'un coup de couteau, et Aflrico dans le Ninfalc i'icsolano, se transperce.

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