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De Hortis, Studj, p. 3n

2. Boccaccino mourut avant i35o; il vivait encore en juillet i3^8. Boccace hérita d'une partie de ses biens. — Crescini. Contribuio, p. 258.

3. Dans le Commentaire de la Divine Comédie (II, 19), Boccace dit qu'il n'était pas à Florence lors de la peste de 1348.

le peu de notoriété qu'il avait eue jusque-là, s'explique par ses relations avec la famille des Polenta. Il avait été assez longtemps l'hôte du père de Bernardino, Ostasio, qui avait jadis donné l'hospitalité à Dante, et il conserva toute sa vie le souvenir de l'accueil qui lui fut fait dans sa maison. Il s'en loue en termes fort élevés dans son églogue xvi et dans sa lettre (peutêtre apocryphe) à Zanobi di Strada1. Le Commentaire de Tite-Live aurait été composé à son instigation, si tant est que Boccace en soit l'auteur2.

On ignore le résultat qu'eut cette ambassade. Elle ne semble pas avoir arrêté les progrès du Saint-Siège.

Ce fut au cours de la même année, à la fin du mois d'octobre 1350, que Boccace vit Pétrarque pour la première fois, ou du moins qu'il put, pour la première fois, s'entretenir familièrement avec lui". Pétrarque se rendait à Rome pour y profiter du jubilé ; il approchait de sa

1. Voir De Sade, Mémoires, III, 700. — Tiraboschi, vol. V, part. 11, p. 5i6. — Attilio Hortis, G. Boccaccio ambasciatore in Avignone, Trieste, 1875.

2. Le Commentaire de Tite-Live et le Résumé d'Histoire romaine ont été classés assez souvent au nombre des œuvres apocryphes ; cependant, Sicco Polenton parle du Commentaire dans sa courte biographie de Boccace. De Hortis (Studj, p. 317) pense qu'ils sont bien l'un et l'autre de Boccace. Le nombre des œuvres faussement attribuées à Boccace est considérable, par exemple : VUrbano, la Caccia di Diana, le Diatogo d'Amore, la Ruffianella, Geta e Birria, la Passione del N. S. Gesù Christo. Jacobo Bergamensis et, à sa suite, le Spéculum Historiale, Hartmann Schedel, Betussi, donnent comme de lui une série de livres historiques : La prise de Constantinople, De la Victoire des Tartares contre les Turcs, De l'Hérésie des Bohèmes....

3. Il avait composé son Éloge vers 1 343-1345, avant de le bien connaître, car il y commet nombre de bévues. Il y parle d'une comédie faite par Pétrarque et qui, d'après lui, avait pour titre Filostrato. Son vrai titre était Philologia. Elle a disparu. — De Hortis, Studj, p. 314.

patrie, « d'où un long exil l'avait tenu éloigné », quand Boccace se présenta devant lui, à la nuit tombante, « poussé par le désir violent de voir un homme qu'il n'avait pas encore rencontré'». C'est ce que raconte expressément Pétrarque dans une lettre adressée à Boccace3. D'autre part, Boccace rapporte, dans la Généalogie des Dieux (ix, 22), qu'il assista à l'examen que subit Pétrarque devant le roi Robert avant d'aller recevoir au Capitole le laurier poétique, épreuve qui eut lieu en 1341 3, et écrivant en 1374, au gendre de Pétrarque, pour déplorer la mort de son ami, il dit que leurs relations avaient duré quarante années, ce qui en ferait remonter l'origine à 1334. Boccace faisait sans doute commencer sa liaison avec Pétrarque du jour où il commença à l'admirer4.

Ce qui est certain, c'est qu'une fois qu'ils furent entrés en relations ces deux hommes se prirent d'une mutuelle et durable amitié. «C'étaient, dit un biographe de Boccace, Filippo Villani, une âme dans deux corps. » Boccace voyait en Pétrarque un conseiller, un guide, et un modèle ; il se plaisait à l'appeler « son maître

1. Aussitôt parvenu à Rome, Pétrarque écrivit une lettre à Boccace pour lui raconter un accident qui lui était arrivé en chemin et dont il souffrait encore (2 novembre i35o). Cf. Lettres de Nelli à Pétrarque, H. Cochin, p. i55.

2. Celle dans laquelle il se défend d'avoir mésestimé Dante; elle est de i35g.

3. Hauvette a démontré l'improbabilité de la présence de Boccace à cette cérémonie. {Notes sur les manuscrits autographes de Boccace, dans Mélanges d'Archéologie et d'Histoire, t. IV, 1894, p. 36 et suiv.)

4. Dés le 7 janvier 1 35 1 , Pétrarque envoyait à Boccace une épître en vers et déplorait avec lui le meurtre de Giacomo II de Carrara, seigneur de Padoue, assassiné par son neveu le 21 décembre précédent. (Édition Davelay, p. 7.)

très vénérable, son frère et son seigneur ' » , ce qui ne laissait pas de toucher très sensiblement la vanité aiguisée de Pétrarque2. Pour sa part, Boccace n'était pas sans attendre quelque chose d'une aussi illustre amitié. Dans une lettre qu'il écrivit à Pétrarque, il lui dit assurément pour le flatter à son habitude, mais aussi avec un fond de vérité : « Les personnes intelligentes estimeront que celui avec lequel tu as si fréquemment correspondu ne pouvait pas être un ignorant et un apathique1. »

Il y avait, en outre, dans leurs caractères, ces ressemblances qui flattent et rapprochent et ces dissem-

i. Généalogie des Dieux, XV, 6. Les expressions de ce genre reviennent fréquemment dans ses écrits.

2. «L'illustre François Pétrarque, mon maître, dit-il dans la Généalogie des Dieux (XV, 16), négligeant les principes de certains écrivains qui atteignent à peine le seuil de la poésie, commença à prendre la route de l'Antiquité avec une telle force de caractère, un tel enthousiasme et une telle perspicacité qu'il ne fut arrêté par aucun obstacle ni effrayé par la raideur du chemin. Loin de là, écartant les ronces et les broussailles, dont il le trouva couvert par la négligence des mortels, et réparant par une chaussée solide les roches à demi rongées par les inondations, il se fraya un passage à lui et à ceux qui voudront monter après lui. Ensuite, nettoyant la fontaine de l'Hélicon du limon et des joncs marécageux, il rendit à son onde sa première limpidité. Il ouvrit la grotte de Castalie fermée par un entrelacement de rameaux sauvages et fit disparaître les épines du bosquet de lauriers. Après avoir rétabli Apollon sur son siège et restitué aux Muses enlaidies par la rusticité leur ancienne parure, il monta jusqu'aux plus hauts sommets du Parnasse. S'étant tressé une couronne de feuillage de Daphné et l'ayant mise autour de sa tête, il montra au peuple romain, avec les applaudissements du Sénat (un seul sénateur, sur les deux qui existaient alors, assista à la cérémonie), ce qu'il n'avait peut-être pas vu depuis plus de mille ans. Il força les portes du vieux Capitole à tourner en grinçant sur leurs gonds rouilles et, à la grande joie des Romains, il signala leurs annales par un triomphe inaccoutumé. Ohl spectacle glorieux I Oh! acte mémorable!...» — Trad. Davelay, Z.e//r« de Pétrarque, p. m, préface.

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