La charge de secrétaire de la Cour apostolique
mais des Gaulois, des Germains et même des lointains Bretons. »
Ce fut à l'intervention de Boccace probablement que Pétrarque dut d'être nommé professeur à l'Université de Florence.
La République florentine avait décidé de créer une université destinée à rivaliser avec celles de Pise et de Bologne ' ; le pape Clément VI lui accorda les mêmes privilèges qu'à celles de Paris et de Bologne (Bulle du 21 mai 1349) > cependant elle végétait et elle devait, d'ailleurs, finalement disparaître. Afin de lui donner quelque éclat, il fut décidé qu'une chaire serait offerte à Pétrarque ; on lui laissait le choix du sujet qu'il traiterait. En même temps, on révoqua les sentences d'exil et de confiscation prononcées contre sa famille. Boccace obtint d'être chargé de faire connaître à Pétrarque ces décisions, et il se rendit auprès de lui en mai 135 1, muni d'une lettre du Prieur des Arts2.
1. M. Villani dit que ce fut afin d'attirer des étrangers dans Florence, que la peste avait dépeuplée. (Muratori, R. Italie. Script., XIV, 18.)
2. De Sade, t. 111, pièces justificatives, xxix, p. 90. Corazzini en donne le texte et la traduction par Fracassetti, p. 387 : « Il n'y a pas longtemps, y est-il dit, que, voyant notre cité privée de bonnes études, nous avons décidé sagement que dorénavant les arts devaient fleurir et se cultiver parmi nous, et qu'il fallait dans notre ville introduire les études de toute sorte, afin que, par ce moyen, notre République, comme jadis Rome, s'élevât glorieusement au-dessus des autres villes d'Italie et grandit toujours plus heureuse et plus illustre. Or, chose qui s'est vue rarement chez les anciens, notre patrie pense que tu es l'homme unique et seul grâce à qui ce résultat puisse être atteint. La République te prie donc, le plus chaleureusement qu'il se peut, de t'occuper de ces études et de les faire fleurir.... » — Sur cette entrevue, voir Lettres fa ni ilières de Pétrarque, Ve et VIe du livre XI. Cf. De Hortis, Boccaccio Ambasciatcre.