De Hortis, Studj sulle Opère latine, p
personnages héroïques du Moyen Age: Arthur, Renaud de Montauban, la blonde Iseult, Geneviève, Fleury, Blanchefleur, dont plus tard il met en doute la réalité ; la légende de la Table Ronde était devenue pour lui, lorsqu'il composa les Infortunes des Hommes Illustres, « une fable bonne pour le vulgaire ». Plus il se familiarise avec l'Antiquité, plus le présent et tout ce qui ne tient pas à l'Antiquité lui semblent négligeables ; il méprise les romans français ou semble les ignorer; il déclare que la langue italienne n'est qu'une « méchante langue » et prend à tâche plusieurs fois de disculper Dante comme d'un crime de n'avoir pas composé son poème en latin.
L'étude comparative de la Généalogie et des œuvres antérieures montre tout le fruit que Boccace avait su tirer de ses lectures ; mais en revanche, on constate à quel point ^son admiration des^"classiques l'avait rendu en quelque sorte incapable de comprendre*et d'apprécier désormais ce qui jadis le charmait. S'il n'avait pas été si lent à passer des rudiments à une intelligence complète des auteurs latins et grecs, s'il était devenu un érudit critique et avisé avant la cinquantaine, il n'aurait certes jamais daigné écrire ses romans, ses poèmes ni ses contes. Mais ce qui rend surtout intéressant le traité de la Généalogie des Dieux, c'est « l'Apologie » que contiennent les deux derniers livres, dont, cependant, le traducteur français de 1498, 1511, 1531 jugea inutile de s'occuper.