APOLOGIE PERSONNELLE
exposé, non des fables, mais les dogmes de la foi en profond théologien. Pétrarque, que le roi Robert a déclaré digne du laurier poétique, ne doit-n pas être mis au rang des anciens plutôt que parmi les modernes ? On a critiqué les citations de vers grecs, mais un Homère était toujours à côté de lui, et il lui a paru plus sûr de puiser à la source qu'aux ruisseaux ; puis ces citations reposent et récréent le lecteur; d'autres avant lui ont mêlé le grec et le latin. Et c'est alors qu'il parle de ses études avec Pilate ; il ajoute qu'il doit beaucoup à Barlaam, « petit de corps, mais grand de science, si avancé dans l'étude des auteurs grecs que les empereurs et les princes grecs s'étaient plu à rendre témoignage que l'on n'avait pas vu depuis des siècles d'homme plus savant que lui ». Pourquoi n'aurait-il pas ajouté foi à ses paroles ? En terminant, Boccace fait appel au roi qui l'a engagé à composer ce traité.
On a répété qu'il s'était targué d'un encouragement qu'il n'avait jamais eu; mais le roi le défendra d'une telle accusation. S'il avait été friand de semblables satisfactions de vanité, n'aurait-il pas pu offrir à maint souverain moins éloigné quelqu'un de ses nombreux opuscules non encore dédicacés ? Le seul ouvrage dont il eût fait hommage récemment, son Bucolicum Carmen, il l'avait dédié à un homme sans richesse, mais honnête et qui était son meilleur ami, Donato di Lorenzo degli Albanzani. Au surplus, quand une œuvre est mauvaise, quel lustre y ajoute le nom d'un roi? « Je
suis si obstinément orgueilleux, dit-il, que, hormis à Dieu à qui revient toute gloire, je ne donnerai l'honneur d'une seule de mes poésies à personne, pas même à César dictateur, s'il revenait sur la terre, ni à Scipion l'Africain, même s'il était mon ami, à moins que je n'en fusse prié1. »
i. Ce fut Girolamo Squarciafico qui entreprit l'impression de la Généalogie ainsi qu'il s'en vante dans sa biographie de Boccace : « ....Ma de tutti le Généalogie delli Dei ottengono il principato, le quali al présente per mia intercessione se gettano in stampa et tosto saranno in luce molto bene ornate. » La biographie de Squarciafico parut en 1467, en tête d'une édition vénitienne du Filocopo. Il parut à Venise en 1472 une édition de la Généalogie, mais rien ne permet d'affirmer que ce fut celle à laquelle Squarciafico fait allusion. (Voir de Hortis, p. 770.)