‹ BoccaceChapitre 87 sur 112 · PÉTRARQUE ET DANTE · texte numérisé non relu

PÉTRARQUE ET DANTE

sage ne doit ambitionner la première le marque assez. « Considérez que la seconde place est plus* sûre et plus avantageuse. Il y a quelqu'un qui reçoit les premiers coups de l'envie, qui nous signale la route au détriment de sa réputation, dont vous observez les traces en discernant ce que vous devez éviter et ce que vous devez suivre1.... »

Boccace avait envoyé à son ami le texte de la Comédie écrit, dit-on, de sa main2, et il l'accompagna d'une épître propitiatoire en vers qui ne pouvait d'ailleurs que piquer la morgue de Pétrarque. « Quand tu l'auras lue, écrit-il, tu t'écrieras : « De Florence est « sorti un nouveau poète dont elle se glorifie à juste « titre. »Toi qui t'élèves jusqu'au ciel par ton génie et dont la renommée remplit les terres latines et touche aux étoiles, accueille ton concitoyen, si savant et poète à la fois; loue-le, admire-le, étudie-le, augmentant ainsi ta renommée et la science. » Mais il a soin d'ajouter que son enthousiasme pour Dante a pour excuse qu'il a été son premier maître et son premier guide3.

Il y avait longtemps que les deux amis disputaient sur ce point; en 1359, Pétrarque avait adressé à Boccace une longue lettre pour se défendre d'avoir fait mépris des œuvres de Dante. « Je n'ai, écrit-il, aucun motif de

1. Lettre XIX, en date du 28 août 1364 (?). (Édit. Davelay, p. 177.)

2. On a contesté vivement que ce manuscrit'soit l'œuvre de Boccace. [A. Pakscher, Di un probabile autografo boccaccesco, dans Giorn. Stor. délia Lett. Italiana, VIII (1886), p. 364.] — Cf. De Nolhac, Bibliothèque de F. Orsini, p. 304.

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