‹ BoccaceChapitre 88 sur 112 · De Hortis, StudJ, p. 3o · texte numérisé non relu

De Hortis, StudJ, p. 3o

haine envers un homme que je n'ai vu qu'une seule fois, et cela dans ma première enfance.... Je ne saurais trop l'admirer, lui que ni l'exil, ni la pauvreté, ni les aiguillons des inimitiés, ni l'amour de sa femme, ni l'attachement de ses enfants n'ont détourné un instant de sa route. » Il loue ses ouvrages tout en reconnaissant qu'il ne les a guère lus, surtout ceux composés en langue vulgaire, par crainte, dit-il, de subir son influence et de dénaturer son style. Toutefois la louange qu'il lui donne n'est pas franche. «Depuis que j'ai renoncé entièrement à écrire en langue vulgaire et que la crainte qui me retenait a disparu, j'admire profondément tous les autres et lui avec les autres. » Pas une fois dans sa lettre il ne le nomme par son nom, donnant de cette réticence d'assez faibles raisons1.

En 1365, Boccace eut mission de se rendre auprès du pape ; des lettres privées rapportaient que Urbain V était fort irrité contre la République, à laquelle il reprochait, en autres griefs, non seulement de ne plus vouloir servir les intérêts de l'Eglise, mais même d'en détacher les autres cités ; il menaçait, disait-on, de ne plus accorder de bénéfices aux Florentins. Le cas était grave. Boccace, ayant déjà rempli une mission auprès de la Cour pontificale et en connaissant les pratiques, fut jugé apte à effacer cette mauvaise impression, que la conduite passée des Florentins avait, à dire vrai,

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