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Filostrato, VIII, st

Pétrarque et, plus tard, celles de Pogge. « Toi qui autrefois, mêmement au fort de tes affaires, as si fort dédaigné recevoir un consul capouan, et as si bien puni par cruels supplices en tes citoyens l'ennui de dominer, tu es réduite à ces termes que tu as eu pour princes des Africains et as encore à présent des Allemands, lesquels ont mis tout leur effort pour abolir et effacer ton nom.... Pour servir plutôt de vergogne et d'infamie de ton état et condition présente que de gloire des choses passées et pour être exemple de l'instabilité humaine, tu gardes et réserves ces magnifiques remarques de bâtiments anciens à demi mangés et rongés du temps, des vents et de la pluie1. »

Le sentiment de la grandeur et de la dignité de la patrie italienne était, sinon plus vif, du moins plus élevé et plus pur chez Boccace que chez Dante et Pétrarque ; ceux-ci invoquaient l'intervention étrangère, souhaitaient de voir l'empire rétabli sous le sceptre d'un empereur germanique. Boccace voulait que l'Italie fût seule maîtresse de ses destinées; dans les églogues VII et IX, se trouvent un ardent plaidoyer pour son indépendance et de virulentes invectives contre ceux qui en veulent disposer.

Mais ces belles conceptions ne suffisaient pas dans une cité telle que Florence, où tous les citoyens, tour à

i. Infortunes des Hommes Illustres, trad. 1578, p. 5g5. Déjà, dans le Filocopo, il déplorait l'abaissement de Rome, « qui avait imposé son joug souverain à tout le monde connu ». Les églogues Vil et IX sont consacrées aux démêlés entre Florence et l'empereur Charles IV.

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