‹ BoccaceChapitre 95 sur 112 · Âcciajuoli était mort le n5 octobre i · texte numérisé non relu

Âcciajuoli était mort le n5 octobre i

car, suivant son habitude, il se figura n'avoir été traité ainsi qu'à cause de sa pauvreté ; de retour à Naples, le 13 février, il adressa à l'abbé une lettre virulente comme sept ans auparavant à messire Francesco1. « A la façon d'un voleur ou d'un fourbe, sans me prévenir ni me saluer, tu es monté en bateau de nuit pour te sauver dans les montagnes de la Calabre. Et moi qui croyais en notre vieille amitié née durant nos études communes ! » Et il termine sa lettre sur un trait de mordante ironie, en recommandant au prieur de se hâter d'aller à Naples pour profiter des faveurs du pape Grégoire XI, dont il lui annonce l'élection récente2. Cependant on avait cru à Florence qu'il était allé se faire moine3 !

Il a été beaucoup disputé, du temps même de Boccace, sur ses sentiments en matière de religion.

Comme tous les conteurs, comme l'auteur du Pecorone surtout, il a souvent et âprement /exercé sa verve aux dépens non pas seulement des moines et même des moinesses, mais aussi du clergé en général. I

La première journée du Décamêron est celle qui contient les plus violentes attaques.

1. C'est alors, ce semble, et non en 1373, qu'il écrivit une lettre au jeune Matteo di Ambrosio, lui reprochant de l'avoir louange (12 mai). (Corazzini, p. 323.)

2. Corazzini, p. 257. Il lui réclame aigrement un traité qu'il lui avait prêté.

3. On en fut si persuadé que Sacchetti fit un sonnet sur cette vêture inattendue :

Pien di quell' acqua dolce d'Elicona.

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