‹ BoccaceChapitre 97 sur 112 · RAILLERIES CONTRE LES MOINES · texte numérisé non relu

RAILLERIES CONTRE LES MOINES

adresse seule tire d'embarras1. La deuxième nouvelle de la huitième journée est dirigée contre les prêtres « qui ont levé l'étendard et publié la croisade contre les femmes » et abusent de leur facilité. La deuxième nouvelle de la neuvième journée est l'aventure d'un prêtre, d'une nonnain et d'une abbesse qui met une hâte si grande à aller vitupérer les déportements de ceux-là que son désordre l'accuse elle-même.

Dans l'épilogue du Décaméron, Boccace dit : « Il s'en trouvera qui diront que j'ai une très mauvaise langue et venimeuse, parce que j'écris en quelque lieu la vérité sur les beaux pères. Aux personnes qui le diront ainsi il leur doit être pardonné, parce qu'il n'est point de croire qu'autre chose les mène que juste occasion, car les beaux pères sont bonnes personnes et fuient la pein,e pour l'amour de Dieu et avec ce ils meulent à éclusées et ne le redisent point ; et si n'était qu'ils sentent tous un peu leur bouquin, leur besogne (leur commerce) serait trop plus plaisante qu'elle n'est2. »

Boccace va plus loin. Il semble tourner en ridicule le culte des saints. Un mauvais drôle réussit, à Trêves, à se faire vénérer grâce à une fausse confession et à des pratiques dévotieuses, et, chose plus grave, des prodiges s'accomplissent sur sa tombe. Il est vrai que le fait venait de se produire presque dans les mêmes

i. « Frère Oignon promit à certains paysans de leur montrer la plume de l'ange Gabriel, au lieu de laquelle trouvant des charbons, il leur dit que c'étaient de ceux dont saint Laurent fut rôti. »

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