Traduction Le Maçon
B OCCACE
conditions, à Florence1 ainsi qu'à Parme, à ce que rapporte Fra Salimbene 2 ; au surplus, Boccace prend soin de dire en finissant « que la bénignité de Dieu est si grande qu'il regarde non à notre erreur, mais à l'intégrité de notre foi ». Il n'en demeure pas moins que, dans ces conditions, le rôle des saints et partant celui du clergé se réduit à peu de chose. Et c'est par cette nouvelle que s'ouvre le Décamêron !
Les oraisons ne sont guère mieux traitées, et leur vertu est singulière (deuxième nouvelle de la deuxième journée, et première nouvelle de la septième journée).
A Saladin,qui lui demandait laquelle des trois religions : musulmane, chrétienne ou juive, était plus agréable à Dieu, le juif Melchisédech répond en racontant la parabole des trois anneaux, par quoi Boccace semble marquer son indifférence en matière de foi. C'est pourquoi on a placé Boccace parmi les précurseurs de lai Réforme3 !
i. Les Florentins ayant envoyé une ambassade à Naples profitèrent de l'occasion pour solliciterune relique de S. Reparata, à laquelle leur cathédrale était dédiée et dont le corps avait été déposé dans une abbaye du royaume. La relique (un bras) fut accordée et envoyée à Florence ; on l'y reçut avec solennité ; toute la population, hommes et femmes, les corporations, les moines, le clergé, torches allumées, l'accompagnèrent jusqu'à la cathédrale, où l'évêque en prit possession (i352). Quatre ans après, la Commune voulut la décorer d'ornements en or et en argent, et l'on s'aperçut alors qu'elle était en bois. L'abbesse napolitaine qui avait la garde du corps de la sainte n'avait pu se résigner à en laisser distraire une partie et avait imaginé cette supercherie ! M. Villani, Muratori, R. Italie. Script., XIV, 171, 21 3.
2. Gebhart, Les Conteurs Florentins, p. 148. La relique se trouva à Parme être une gousse d'ail.
3. J.-J. Hager, Programmata, III, De G. Boccaccio veritatis evangelicae teste, Chemnic, 1765.