‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 11 sur 199 · C'est le sens de lascivo; comp. Parad., V · texte numérisé non relu

C'est le sens de lascivo; comp. Parad., V

2. « Dei quali (orsi) dubitando io volsi i passi miei. >» Je prends ici dubitare dans le sens très fort (fr. ancien douter, redouter) qu'il avait autrefois en italien; voir l'emploi de dubbiar et de la dotta chez Dante (Inf. IV, 8 et XXXI, 110).

3. « Ma acciocchè io più vero dica, tanta fu la paura che, abbandonali i pnternali campi,... » etc.

à l'étude des lettres, mon père voulut que je me misse à compulser les décisions des pontifes, profession qui devait me conduire à la richesse; et je travaillai en pure perte, un temps à peu près égal, sous un maître célèbre. Tout cela me déplaisait à tel point qu'en dépit de la science de mes maîtres et des objurgations de mon père, qui me pressait par de continuels messages, ni gronderies ni prières de mes amis ne purent me faire prendre goût à cette carrière ; seule la poésie avait mon affection. Ce n'était pas par l'effet d'une résolution subite que tout mon cœur me portait de ce côté, mais en vertu d'une disposition très ancienne de mon âme. Car je me souviens qu'avant d'avoir atteint l'âge de sept ans, alors que je n'avais connaissance d'aucune fiction poétique et que je n'avais encore eu aucun maître — c'est à peine si je possédais les premiers éléments des lettres, — une secrète impulsion de ma nature m'inspirait le désir d'imaginer quelque fable; si mince qu'en fût la valeur, car mon esprit enfantin était encore dépourvu de la force nécessaire, je composai diverses petites fantaisies1. Plus lard, quand j'eus plus de maturité et d'indépendance, sans conseiller, sans maître, bien plus, malgré la résistance de mon père qui condamnait cette étude, j'ai appris tout seul ce que je sais de la poésie, je m'y suis adonné avec avidité, et j'ai pris un plaisir extrême à considérer les œuvres des poètes, à les lire, à m'appliquer à les comprendre le moins mal que je pus. Chose étonnante! quand j'ignorais encore comment un vers se tient sur ses pieds, ceux qui me connaissaient me donnaient, malgré mes protestations, le titre de poète, que je ne mérite pas encore. Je ne puis en douter : si mon père avait bien voulu me permettre de travailler dans cette voie, quand mon âge s'y prêtait, j'aurais pris rang parmi les poètes célèbres ; mais en m'obligeant à m'appliquer d'abord au commerce, puis à une élude lucrative, il a obtenu ce résultat que je n'ai été ni commerçant ni canoniste, et que j'ai perdu l'occasion de devenir un bon poète 2.

Le morceau ne constitue pas seulement un document précieux : il est charmant de ton. avec sa modestie sincère, qui n'exclut pourtant pas chez l'auteur le juste sentiment de sa valeur, et avec sa bonhomie un peu mclan-

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