‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 12 sur 199 · Fictiunculas · texte numérisé non relu

Fictiunculas

2. De Genealogia Dcorum, 1. XV, c. x (p. 288-289 du texte publié par 0. Hecker d'après le manuscrit autographe, Boccaccio-Funde, 1902).

colique, mais résignée. Boccacç ne se trompait pas : certaines lacunes de son éducation première n'ont jamais été comblées tout à fait, malgré son inlassable labeur; et cependant il osait se dire, en se frappant le front : « J'avais quelque chose là! » Ce quelque chose, il en faisait honneur à sa mère. On aura remarqué au passage cette allusion discrète, mais bien significative, à une hérédité dont il était fier : le fantôme de l'inconnue se dressait toujours, au fond de ses souvenirs, en face de son père, l'homme d'argent, dont l'obstination l'avait irrémédiablement privé d'une gloire qu'il ne pensait plus pouvoir acquérir. Aucune récrimination d'ailleurs, aucune amertume, comme on en trouve dans le Filocolo ou VAmeto; au fond cependant le sentiment reste le même.

On voudrait que Boccace se fût un peu plus étendu sur ces petites compositions enfantines, par lesquelles il préludait, de loin, à ses romans, à ses poèmes et à ses contes. Du moins faut-il lui savoir gré de nous avoir informés que son père ne lui avait fait étudier que l'arithmétique, avant de le mettre en apprentissage; pour le reste, Giovanni dut se contenter des « premiers rudiments des lettres », c'est-à-dire qu'on lui enseigna à lire et à écrire, mais qu'il fut à peine initié aux mystères de la a grammaire » — par ce mot on entendait le latin. C'est sans doute pour ce très modeste cours élémentaire qu'il fut confié aux soins d'un maître nommé Giovanni di Domenico Mazzuoli da Strada, s'il faut en croire le témoignage autorisé de Filippo Villani1. Puis il perdit six années pleines au service du négociant chez qui le plaça son père, et un peu moins — entre cinq et

Page 1