‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 121 sur 199 · Enrico Garrara, Un oltretomba bucolico, Bologne · texte numérisé non relu

Enrico Garrara, Un oltretomba bucolico, Bologne

PltKMIERES ŒUVRES EKUD1TES 345

Panthéon, tentative assez puérile pour exposer en langage mythologique la doctrine chrétienne, sous forme d'entretien entre l'Eglise (Myrtilis) et saint Pierre (Glaucus) *. Avec les deux églogues suivantes, reparaissent les préoccupations littéraires, et la douzième, Sapho. c'està-dire « la Poésie », met justement en scène Boccace lui-même sous le nom d'Aristée, jeune berger dont le langage, jusqu'alors rude et grossier, cherche à s'exercer dans tous les doctes artifices de la haute poésie. Cette composition, débordante d'enthousiasme pour Pétrarque, nous reporte au moment où Boccace se détourna de la musc italienne, pour se consacrer à la poésie latine : « N'est-ce pas toi. lui dit Calliope, que j'ai vu naguère chanter dans les carrefours des refrains en langage vulgaire aux applaudissements du menu peuple? — Oui, répond Aristée. mais les goûts changent avec l'âge : enfant je me suis complu dans la poésie vulgaire ; mûri par les années, j'ai conçu d'autres ambitions...2 ». Ces ambitions, c'est l'exemple de Pétrarque qui les lui a inspirées. Il ne serait pas très facile de dire à quel moment Boccace a renoncé à écrire des vers italiens, puisque plusieurs des sonnets que nous possédons de lui datent manifestement des dernières années de sa vie; aussi n'est-il question ici que de ses œuvres d'imagination en italien, lussent-elles en prose; et les dernières qu'il ait composées sont justement le Décaméron et le Corbaccio*. Un écho des mêmes préoccupations

1. On sait qu'une lettre de Boccace (Corazzini, p. 267 et suiv.), nous donne la clé de ces allégories; ce n'est pas inutile!

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