‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 129 sur 199 · DE FLORENCE A NAPLES, A VENISE ET A GERTALDO · texte numérisé non relu

DE FLORENCE A NAPLES, A VENISE ET A GERTALDO

Au cours des entretiens qu'il eut avec Boccace en mars 1359, Pétrarque ne manqua certainement pas de lui parler d'un prétendu Grec, qui se trouvait alors en Vénétie. En réalité, cet aventurier — on l'appelait Léonce Pila te — avait beau se donner pour originaire de Salonique, il était simplement Calabrais; mais il parlait grec, et sa présence dans l'Italie du nord inspirait à Pétrarque l'espoir de réaliser un projet longuement caressé : ne pourrait-on, grâce à Pilate, avoir enfin quelques traductions des maîtres de la pensée et de la poésie grecque? Le fervent humaniste possédait, parmi ses livres les plus précieux, un Homère et un Platon, dont il ne savait d'ailleurs pas lire un mot : il devait se contenter de les regarder avec vénération, et parfois il les serrait entre ses bras dans un élan de tendresse1; les déchiffrer était un de ses rêves. Jadis, à

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