De Gen. Deor., III
3liU LE DECLIN
grec qu'il a insérées dans sa Généalogie prouve qu'il avait une certaine familiarité avec Y Iliade et Y Odyssée â. Grâce à des prodiges de patience, Boccace put retenir Pilate jusqu'à l'achèvement de la traduction; mais il fallut renoncer à entreprendre le même travail pour Platon, comme les hellénistes florentins l'avaient d'abord désiré2; car le fantasque Calabrais leur échappa, et regagna la Vénétie. Quant à Pétrarque, il dut attendre plusieurs années la traduction d'Homère : pour la première fois, en 1365, sur sa demande3, il reçut la copie de l'épisode où est racontée la visite d'Ulysse au séjour des morts, de la main même de Boccace — à ce moment Pilate, par un nouveau coup de tête, s'embarquait pour Constantinople, n'ayant à la bouche que des injures contre l'Italie et les Italiens; — enfin, entre les derniers mois de 1365 et les premiers jours de 1367, Pétrarque reçut Y Iliade, puis Y Odyssée, dont il fit prendre copie sous ses yeux avant de renvoyer à Boccace la traduction mise au net, que celui-ci lui avait communiquée 4 — et à cette époque, Pétrarque apprenait que Pilate était mort foudroyé au cours d'une tempête dans l'Adriatique, au moment où il revenait en Italie 5. — Il était bien entendu que Pétrarque supportait les frais des copies qu'il faisait ainsi exécuter pour son usage; rien
1. O. Hecker a soigneusement relevé les quarante-cinq citations grecques d'Homère contenues dans la Généalogie et en a signalé les incorrections (Boccaccio-Funde, p. 137-152).
2. Us auraient voulu mener de front les deux traductions, et avaient dans ce but demandé à Pétrarque son manuscrit de Platon; celui-ci l'avait refusé, voulant que l'on achevât d'abord la traduction d'Homère (Ep. Va/:, 25).