‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 140 sur 199 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

seconde partie de lépître n'est pas la pins intéressante au point de vue des sentiments de Boccace; car il est clair que la plus forte déception lui vint de Nelli. Sur les belles promesses du sénéchal, il savait déjà, par expérience, quel fonds on pouvait faire ! ; c'est la présence de Nelli à Naples, c'est son amitié, c'est son appel qui avaient décidé Boccace à partir, et voilà comment la réalité répondait à ses espérances !

Il est bien difficile, à la distance de six siècles et demi, de déterminer la responsabilité de chacun dans cette affaire; la lettre de Boccace ne nous fait entendre qu'un son de cloche; il faudrait connaître l'autre. Comment le bon Nelli — tel du moins apparaît-il partout ailleurs dans ses relations avec ses amis — se montra-t-il si négligent à l'endroit de Boccace? Dépendait-il vraiment de lui que le nouveau venu fût traité avec plus d'égards 2? D'autre part, comment le conteur, dont l'épidémie était trop sensible pour supporter l'appellation d' « uomo di vetro », put-il endurer sans révolte, de novembre à avril, les indignes traitements dont il fut l'objet, si vraiment l'image que Boccace en a tracée répondait à la réalité? Ces questions, Pétrarque les posa peut-être discrètement à son ami, lorsque celui-ci, le 28 juin, en mettant le point final à sa philippique, eut dégonflé sa colère et fut plus disposé à envisager les choses avec sang-froid. Si l'épitre ne fut pas expédiée, Pétrarque fut sans doute pour quelque chose dans cette

1. « Due volte da queste promesse ingannato, due volte tirato iuvano, due volte è suta soperchiata la pazienza mia dalla sconvenevolezza délie cose e costretto a partirmi. » (ibld., p. 170) Quand eut lieu la première déception? Probablement à l'époque à laquelle j'ai rapporté la composition de l'églogue VJII, voir ci-dessus, p. 320, n. 2.

2 L. Tanfani (N. Acciaiuoli, p. 143 et suiv.) cherche à rejeter sur la jalousie de Nelli tout l'odieux de l'affaire, sans autre raison que son désir de disculper Acciaiuoli.

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