‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 141 sur 199 · BOCCACE A CERTALDO · texte numérisé non relu

BOCCACE A CERTALDO

sage décision. Toujours est-il que deux mois plus tard, écrivant à Boccace une longue lettre, où il déplore la mort de Nelli emporté par la peste !, Pétrarque ne fit pas la moindre allusion au nuage qui avait assombri l'amitié des deux Florentins; le grand humaniste ne séparait pas l'un de l'autre ses deux « compagnons d'études », les confidents de sa pensée, ceux auxquels l'auteur de YAfrica voulait léguer le soin de compléter celles de ses œuvres que la mort l'empêcherait d'achever.

Le séjour de Boccace à Venise, auprès de Pétrarque, dura environ trois mois : parti de Naples vers la miavril, il put atteindre la lagune en une vingtaine de jours, et y resta jusqu'en août. Le 7 septembre, Pétrarque lui rappelait les trop courts moments durant lesquels il venait de l'avoir chez lui. Les détails précis font défaut sur l'existence des deux amis pendant ces mois de vie commune, mais on n'est pas embarrassé pour se la figurer très remplie par l'étude, par les longues conversations tour à tour érudites et pieuses. Comme à Milan, en 1359, Boccace avait presque usé de violence pour arracher à Pétrarque une copie complète de son Bucolicum carmen 2, il ne manqua pas cette fois de perpétrer quelque nouveau larcin, et lut avidement celles des œuvres de son ami qu'il n'obtenait pas la permission d'emporter. Ce fut certainement pour lui un grand

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