Ep. Sen., III, 1 (7 septembre
2. C'est un détail contenu dans la lettre de Boccace à Barbato (M. Vattasso, op. cit., p. 27) : «... Bucolicum carmen quod, non diu est, fere vi ab ilio Mediolani excerpsi... ».
réconfort, après sa déconvenue de Naples; et pourtant il ne crut pas devoir se fixer définitivement auprès de Pétrarque. Rentré en Toscane avant septembre, il y a lieu de penser que Boccace, continuant à bouder Florence, s'établit dans sa maison paternelle, à Certaldo. Ce renseignement ressort d'une des lettres les plus célèbres qu'ait écrites le conteur-moraliste, l'« Epistola consolatoria a Messer Pino dei Rossi )>. L'exil de ce personnage remontait à l'année 1360 : à ce moment, une conspiration fut ourdie pour enlever le gouvernement à l'oligarchie de parvenus qui tyrannisait Florence. Dénoncés, les conjurés furent impitoyablement frappés i : deux des chefs, Domenico Bandini et Niccolô di Bartok) del Buono — à ce dernier Boccace avait dédié YAmelo — eurent la tête coupée; parmi les exilés, figurait Pino dei Rossi. Il est infiniment probable que l'amitié notoire qui unissait le conteur a quelques-unes des victimes et son antipathie non dissimulée pour le parti des politiciens, qui, sortis du peuple, affectaient, une fois au pouvoir, la hauteur intolérante des grands, lui valurent plus d'un ennui ; qui sait même si sa résolution de quitter alors Florence ne se rattache pas au sentiment d'insécurité qu'il y éprouvait? En tout cas, sa lettre à Messer Pino est datée de Certaldo : « Comme je vous l'avais fait pressentir, je suis venu m'établir à Certaldo. et je me suis mis, plus aisément que je ne l'aurais cru, à reprendre goût à la vie, heureux d'endosser de rudes vêtements et de vivre d'aliments rustiques;.-., au lieu des intrigues fébriles et incessantes de nos concitoyens, je n'ai sous les yeux que des champs, des oiseaux et des arbres verdoyants^ et fleuris, spectacle étalé sous