Sur cette conspiration, voir Mntteo Yillani, X
BOCCACE A CEIITALDO "381
mes veux par la simple nature, tandis qu'à la ville tout est artificiel l.\. »
La difficulté est de dater cette retraite à Certaldo, la première qu'y ait faite Boccace, avant celles que, dans la suite, il renouvela si volontiers. L'exil de Pino dei Rossi remontant à 1360, on est tenté de rapprocher le plus possible de ce moment les consolations que lui envoya son ami. Mais il ne faut pas songer aux années 1360-1362, durant lesquelles Boccace hébergea Léonce Pilate à Florence, où celui-ci était retenu par la « lecture d'Homère » au Studio; en mai 1362 il était toujours ii la ville -. Du mois de novembre suivant à avril 1363, i! séjourna à Naples, d'où il passa, directement semblet-il, à Venise, pour y rester jusqu'en août. A ce moment, il est très vraisemblable qu'au lieu de rentrer à Florence, Boccace prit le parti de s'établir « aux champs ». La mention qu'il fait des coteaux verdoyants et fleuris engagerait à penser de préférence au printemps, ce qui reporterait la lettre à mars 1364 au plus tôt; mais étant donné le caractère très vague et un peu conventionnel des expressions employées, celles-ci ne s'appliquent pas mal à l'automne toscan, où les jardins ne sont pas dépourvus de fleurs. A ceux qui s'étonneraient que Boccace eût attendu trois ans pour envoyer à Pino dei Rossi ses consolations, il suffira de rappeler le début même de la lettre : « Chaque chose doit venir en son temps : une mère terrassée par la douleur, devant le cadavre de son fils, n'est pas en état de recevoir de consolations; le médecin n'essaie pas de guérir le mal avant de le voir arrivé à maturité; et, à plus forte raison, le cultivateur