Ibid., p
en Dieu qui t'ait dire au chrétien qu'il ne comprend pas certaines décisions de la Providence, qu'il ne les discute pas, mais qu'il se soumet.
L'épître à Messer Pino est écrite en italien, soit que le destinataire ne fût pas un lettré, soit que Boccace, en composant ce véritable traité de morale, se soit proposé de vulgariser certaines idées, qu'il jugeait salutaires, parmi les citoyens de Florence, menacés fréquemment d'exil, de confiscations, ou pis encore. Le style en est d'une simplicité remarquable ; il évite avec un soin égal les artifices d'une rhétorique démodée, où Boccace s'est souvent complu, et les vulgarités d'expression qu'admettaient certaines peintures réalistes du Décaméron et du Corbaccio. C'est dire qu'il manque un peu de relief; il ne vise qu'à la clarté et au naturel; il annonce la forme tout unie qu'aura, dans le commentaire de Dante, la phrase de Boccace, jadis si contournée et si fleurie, dans ses essais juvéniles. De plus en plus, il s'intéressait aux choses plutôt qu'aux mots; dans sa studieuse retraite de Certaldo, ce ne sont pas de brillants discours qu'il composa, mais des œuvres d'érudition sévère. La mise au net de la traduction d'Homère, que réclamait Pétrarque, dut absorber une bonne part de son activité; mais il travaillait avec une ardeur égale à classer les notes qu'il avait prises sous la dictée de Léonce Pilate, pour achever son grand répertoire mythologique intitulé « De la Généalogie des dieux païens ».