Il porte en etl'et virorum et non liominum
3. Une lettre de Niccolù Acciaiuoli, en date du Î4 septembre 13Ô7 (L. Tanfani, N. Acciaiuoli, p. 110, note) l'appelle, « contessa di Monte Odorisi >» ; Boccace, tout en rappelant ce premier titre, la désigne comme « Altaivillee comitissa » (Corazzini, p. 231 et suiv.).
traité des « Femmes illustres », elle avait changé de nom. On ignore à quelle époque eut lieu son second mariage, mais il ne saurait être question d'une date très tardive, puisque Boccace fait allusion à la « florissante jeunesse » d'Andréa *> On pense donc assez naturellement à l'époque où l'auteur se préparait à s'établir à Naples, c'est-à-dire à la fin de 1362 : il avait alors l'intérêt le plus évident à s'y assurer des protecteurs, et même des protectrices. Sa dédicace nous apprend qu'il avait d'abord eu l'idée d'offrir son livre à la reine Jeanne en personne, peut-être en compensation de ce qu'il ne pouvait faire hommage du De Casibus à Louis de Tarente2. Quel que soit le motif pour lequel il abandonna ce projet, le choix de la sœur d'Acciaiuoli doit être antérieur à la déception que l'hospitalité du grand sénéchal réservait à Boccace, et à la brouille qui en fut la conséquence 3. Mais il parait certain que l'ouvrage apporté de Florence à Naples et offert à la comtesse d'Altavilla n'était que l'amorce du livre que nous possédons, et non sa rédaction complète et définitive; car l'auteur dit modestement : « Je t'envoie et je te dédie ce que jusqu'à ce jour j'ai composé touchant les femmes illustres. » Le plan du traité était donc conçu; l'exécution en était commencée, mais non achevée4. Cette observation est confirmée par l'état dans lequel certains manuscrits nous ont conservé le De Claris Mulieribus; il y a lieu de s'y arrêter.
1. « Laeta juventute ac florida venustate conspicua es » (ibid., p. 233).