A. Hortis, Studi, p. 111 et suiv
2. Sur la « libreria parva » de S. Spirito, son catalogue et les volumes qui en ont été identifiés, voir O. Hecker, Boccaccio-Funde, chap. i et II. — L'identification du ms. florentin, Laur., LU, 29, avec une copie d'un volume de la libreria parva est due à 0. Hecker (p. 132, note); elle ne laisse place à aucun doute. Le mérite d'avoir reconnu à la Vaticane une autre copie du même texte (cod. Urbinate, latin, 451), revient à Guido Traversari; celui-ci a consacré à l'étude comparative de ces deux manuscrits, et de la rédaction qu'ils représentent, un très important mémoire (Su/ « De claris Mulieribus » del Boccaccio) inséré au t. I de la Miser lia nea di studi eritici, offerte par ses élèves au professeur G. Mazzoni, Florence, 1907, p. 225); comme ce mémoire porte simultanément une numération séparée (p. 1 à 27), c'est à celle-ci que je renverrai clans les notes suivantes, pour plus de simplicité.
plètes, sans parler de pages arrachées1. L'idée que l'on est ainsi amené à se faire de cet archétype est celle d'une rédaction provisoire, disons même d'un brouillon, plutôt que de la première mise au point d'un travail mûrement médité. La succession des chapitres est, à cet égard, significative; des chapitres mythologiques, sur Junon, Vénus, Procris, etc.. s'y lisent après plus de soixante-dix chapitres historiques, très loin des pages consacrées à Minerve, à Cérès, à Europe; dans l'ordre historique, la notice sur Poppée suit immédiatement celle qui a trait à l'impératrice Constance, mère de Frédéric II, et le chapitre final retrace l'aventure de Thysbé. Pareil classement ne saurait en aucune façon résulter d'un plan médité; tout porte au contraire à y reconnaître l'influence du hasard qui souvent guidait Boccace dans ses lectures. On fera donc bien de voir dans l'archétype d'où dérivent nos deux copies, non une « première rédaction », mais plutôt des matériaux entre lesquels l'auteur se réservait sans doute d'opérer un triage. En effet, nous y trouvons trois chapitres — Niobé, Àrachné et Manto — répétés sous deux formes distinctes 2 : il ne pouvait entrer dans la pensée de Boccace de les faire figurer simultanément dans une mise au point, même préalable, de son traité3.
En examinant d'un peu plus près ce chaos, on arrive sans trop de peine à y reconnaître certaines divisions naturelles. Par exemple, il est évident que les chapitres