‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 160 sur 199 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. « A regio thnlamo evocalus ab eisdem •> (De Cas. IX, chap. final).

LES ŒUVHES LATINES 409

reine et ses complices1 ; malgré une prudente réserve, il s'était l'ait l'écho, dans sa première rédaction du livre, des très mauvais bruits qui avaient couru sur les relations de Jeanne et du sénéchal Robert, le fils de sa vieille nourrice2; enfin, s'il n'avait que des paroles de pitié respectueuse pour le mari de la veille, il ne laissait planer aucun soupçon sur celui du lendemain. Son attitude, au dernier chapitre du livre des femmes illustres ne pouvait être plus exactement le contrepied de celle qu'il avait d'abord adoptée3. Pareil changement, s'il était survenu dans l'intervalle d'un ou deux ans, obligerait à admettre que Boccace, sur le point de ce rendre à Naples*, s'était exprimé avec toute la bassesse d'un courtisan ; or s'il lui est arrivé de témoigner parfois une certaine déférence à tel personnage dont il espérait une protectioD libérale, on ne voit pas qu'il ait jamais été capable de s'avilir jusqu'à dire le contraire de ce qu'il pensait! A douze ou quatorze ans de distance, le contraste s'explique beaucoup plus naturellement : les impressions de 1348 étaient loin; à deux reprises, en 1362-3 et en 1370-1, Boccace avait revu Naples et l'avait

1. « Ludovicus Hungariœ rex, aegre ferens Andream, fratrem suum, adeo indigne a Johanna et complicibus ejus tractari.... » (ibid.).

2. « Etsi fus credere non sit, non defuere qui dicerent lenocinio Philippae Johannam in amplexus devenisse Roberti. Gui facinori plurimum fidei superinjunxit cernere nil grave, nil arduum, nil magnum agi nisi a Roberto, Pbilippa et Sancia approbatum •> (ibid.). Il faut observer que tout ce passage, le plus diffamatoire du chapitre pour la reine, a été supprimé dans la seconde rédaction. Après les mots « ... conjugio juncta », on passe directement à « His aucta titulis — » Cette seconde rédaction (voir ci- dessus, p. 393 et suiv.), fut sans doute contemporaine de l'achèvement du De Claris Mulieribus.

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