Voir ci-dessus, p. 181 et suiv
4. On a relevé la curieuse coïncidence par laquelle Boccaccino di Chelino, père de notre auteur, s'était trouvé en relation d'affaires avec Hugues IV dès 1382, en sa qualité d'agent de la société des Bardi, qu'il représentait alors à Paris; le document a été publié par Mas-Latrie, Histoire de l'île de Chypre, t. II, p. 104-105. Mais quel rapport y a-t-il entre ce règlement d'un compte de banque, survenu quand Boccace n'avait pas vingt ans, et la Généalogie! — On a aussi noté que le roi de Chypre, au temps de sa jeunesse (Hecker, p. 270), avait connu Andalô di Negro (voir p. 30); mais c'est Andalô qui, plus tard, parla du roi à Boccace; comment aurait-il d'avance entretenu le roi de Boccace? — Quant à l'amitié qui aurait uni Boccace à Donnino de Parme et à Bechino Bellincioni (Hortis, Studi, p. 160), il ne ressort pas des textes qu'elle ait été antérieure à la démarche qu'ils firent au nom du roi.
qu'il s'agissait de faire travailler pour le compte du roi; dès lors il n'y a rien de surprenant à ce que Boccace lui ait été signalé, soit à la cour de Forli, soit à celle de Naples. Mais Hugues IV avait l'ambition plus haute d'attacher à son service le lettré que Donnino cherchait pour lui; et Boccace, alors en quête de quelque protecteur, ne semble pas avoir repoussé ce projet, si l'on en juge par une expression dont il se sert en parlant à Donnino : « ton roi, qui bientôt sera le nôtre, avec l'aide de Dieu ' ».
Peu d'années après, un Florentin revenant de Chypre, Bechino Bellincioni, renouvela à Boccace,- alors à Ravenne — sans doute en 1350 2 — les instances de Hugues IV; et une lettre de ce prince adressée à Paolo Dagomari, le géomètre, pressait l'humaniste de tenir ses engagements3. A ce moment, Boccace dut se mettre sérieusement au travail, et avant qu'il eût appris la mort d'Hugues IV — soit en une dizaine d'années — , il put ébaucher une première rédaction. Assurément, si riches que fussent déjà ses notes sur la mythologie, le nombre des renseignements qu'il avait recueillis n'approchait pas encore de ce que présente la rédaction définitive, et sans doute le classement des faits,
1. « Rex tuus, de proximo noster futurus, prsestante Deo. » 0. Hecker (p. 163) est le premier qui ait attiré l'attention sur ce texte important. Ensuite (p. 164, 168), Boccace écrit encore : « rex noster », tant en parlant pour son compte qu'en faisant parler Donnino.