Voir ci-dessus, p
5. A. Hortis considère cette lettre comme de 1362 ou 1363, époque où Pietro da Muglio enseignait encore à Padoue; mais le début fait clairement allusion au .séjour du professeur dans la capitale de l'Emilie, après les années passées en Vénétie : « ... adeo ut ipsum tuum nomen, quod aliquandiu inter Venetos tantum iEmilianosque Gallos detentum est, superatis celsis Apennini verticibus in Tuscos usque maximo cum fulgore devenerit... » (Corazzini, p. 333) Bologne était, plus naturellement que Padoue, l'université où se rendaient les Toscans; quant à
Deux ans plus tard, pendant l'automne de 1370. attiré une fois encore par l'irrésistible séduction qu'exerçait sur lui la nature méridionale, Boccace se mit en route pour Naples. Les conditions dans lesquelles ce départ fut décidé sont obscures : il semble qu'il se soit agi d'un coup de tête suivant de près quelque désaccord de l'humaniste avec ses compatriotes \ plutôt que d'un plan mûri à loisir. A l'aller, sans doute, eut lieu l'arrêt au Mont Cassin, qui permit à Boccace de visiter la bibliothèque du célèbre couvent, alors dans un état de désordre et d'abandon déplorables2; puis il retrouva, évidemment à Naples, un religieux, un compagnon de sa jeunesse, Niccolo da Montefalcone, devenu abbé de S. Stefano, en Calabre3, qui lui vanta le climat enchanteur et les agréments de sa nouvelle résidence, l'invitant il l'y accompagner, et à partager avec lui ce séjour si favorable à l'étude. Déjà Boccace avait dit oui, lorsqu'il s'aperçut à des signes trop clairs que ce prétendu ami ne tenait nullement à ce que sa politesse fût prise au mot. Offensé de se voir traité avec cette désinvolture dédaigneuse par un homme dont il avait cru pouvoir accepter l'hospitalité, Boccace éprouva un de ces accès de colère dont il était coutumier ; dans une lettre d'un ton fort vif, il dit son fait à l'abbé de S. Stefano
l'allusion à un voyage projeté à Padoue, il va de soi qu'il comportait un arrêt à Bologne.
1. « ... Patriam quam autumno nuper elapso indignans liqueram », dit Boccace dans une lettre, sur laquelle je reviendrai plus loin, et que je tiens pour écrite durant l'été ou l'automne de 1371 (Gorazzini,