‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 182 sur 199 · Canzone « Or è mancata ogni poesia · texte numérisé non relu

Canzone « Or è mancata ogni poesia

3. Lettre à Francescuolo da Brossano (Novati, Epist. di C. Salutati, t. I, 223-225) qui nous donne la date exacte de la mort de Boccace. Les douze vers latins gravés sur la pierre tombale, aujourd'hui conservée à S. Jacopo de Certaldo, sont de Coluccio; l'épitaphe en quatre vers qui passe pour avoir été rédigée par Boccace lui-même, est la suivante :

Hac sub mole jacent cineres ac ossa Jobannis. Mens sedet ante Déum, meritis ornata laborum Mortalis vitae. Genitor Bocchaccius illi; Patria Certaldum; studium fuit aima poesis.

avait envie de s'y promener la nuit1. — On raconte qu'une femme, dont le métier à tisser ébranlait le mur qui séparait sa maison de celle du conteur, vit un jour sortir d'une cachette, révélée par un éboulement subit de la muraille, une avalanche de papiers et de grimoires, qu'elle se hâta dévotement de jeter au feu2.

Ces temps sont loin. Aujourd'hui l'industrieuse petite ville se glorifie de son illustre citoyen. Lors du cinquième centenaire de sa mort, en 1875, une statue en pied du conteur fut érigée sur la place principale du nouveau Certaldo, et un discours vibrant du grand poète Carducci évoqua la physionomie de l'auteur du Décaméron*. Ce n'était pas assez : en 1913, le zèle des habitants a tenu à rappeler solennellement que, six cents ans plus tôt, le fils de Boccaccino di Chelino était né sur les bords lointains de la Seine. Un fond de bonne humeur gauloise, joint à beaucoup d'épicurisme napolitain et à une forte dose d'ironie florentine, voilà au juste de quoi est faite la gloire de ce fils de Certaldo.

1. Cette colline, « il Poggio del Boccaccio » est étrange à bien des égards ; sa forme assez régulière a donné à croire que c'était un immense tumulus; aussi y a-t-on entrepris des fouilles en 1893; cellesci ont amené la découverte de blé carbonisé en telle quantité que les chercheurs se sont découragés, et l'on n'est arrivé à aucune conclusion. Sur ces fouilles et sur la légende, voir G. Maccianti, dans la Miscellanea storica délia Yaldelsa, II (1894), p. 132 et suiv), et 0. Bacci, Burle cd arti magiche di G. Boccaccio, 1904.

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