Voir ci-dessus, p
moins la supériorité de Pétrarque; et, si l'on considère l'étendue des lectures, la maturité du jugement, la correction et même l'élégance dans le maniement de la langue de Cicéron et de Virgile, enfin et surtout s'il s'agit de la personnalité que Pétrarque a su mettre dans plusieurs de ses traités en latin, il est impossible de donner tort à Boccace. Cependant, sur ce point, il faut corriger ce que la modestie du conteur eut d'excessif : son rôle, clans les débuts de l'humanisme, fut celui d'un vulgarisateur très apprécié. Sa conception de l'histoire anecdotique et moralisée eut un long succès : ses Infortunes des hommes illustres et son livre des Femmes célèbres parurent à des milliers de lecteurs aussi divertissants qu'instructifs : aucun autre répertoire historique ne fut plus recherché, à en juger par les traductions qui se répandirent, non seulement en Italie, mais en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en France surtout, pendant plus de deux siècles. Auprès d'un public plus érudit, son manuel de mythologie classique était appelé à rendre d'incontestables services : Coluccio Salutati vantait cet « immense labeur » et en louait « le style divin ' ». Il est douteux qu'un seul livre de Pétrarque ait joué un rôle comparable à celui de ces compilations aujourd'hui démodées. Mais sur quelques points, Boccace humaniste a une originalité plus positive : le premier il a connu et utilisé les œuvres de Tacite; le premier aussi, parmi les « Latins », il a déchiffré Homère dans le texte, et il en éprouvait une légitime fierté.
Cependant c'est surtout comme écrivain en « langue vulgaire », c'est comme prosateur italien que Boccace a lait preuve d'une modestie exagérée. N'est-il pas