AVANT-PROPOS IX
et l'on a tout juste la matière d'un article de revue — , ou bien, si l'on écrit un livre, aborder franchement les problèmes l'un après l'autre. Ayant entrepris d'écrire un livre, je n'avais plus qu'à m'exécuter. J'ai donc posé les questions en litige, et j'ai formulé les solutions qu'il me paraît raisonnable de leur apporter, mais en évitant le plus possible de m' étendre sur les démonstrations ou les réfutations. Le lecteur que celles-ci intéressent se reportera aux volumes et aux articles auxquels je le renvoie. Cependant, pour justifier le parti que j'adoptais, j'ai résumé en note mes arguments, quand je ne les avais pas déjà exposés ailleurs, et j'ai discuté un peu plus longuement certaines thèses tout récemment soutenues. Si j'ai dépassé la mesure, je m'en excuse et prie le lecteur d'appliquer le remède connu : qu'il tourne vivement la page.
Mon intention étant de raconter la vie de Boccace, tout en retraçant les divers aspects de sa physionomie d'écrivain, j'ai cru préférable d'étudier sommairement ses divers ouvrages à leur rang, dans l'ordre chronologique; cette disposition a l'avantage de faire ressortir l'intérêt psychologique de ces œuvres, qui sont, pour la plupart, en étroit rapport avec la biographie de leur auteur. L'étude du Décaméron occupe naturellement plus de place, et se rattache d'une façon moins directe à la vie de Boccace ; elle constitue exactement le centre du livre, et c'est
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justice, car le Dccaméron marque vraiment dans sa carrière ce que les Grecs appelaient l'àxar,, le sommet de la courbe.
Le chapitre sur les œuvres latines ne s'adresse évidemment qu'aux spécialistes, ce sujet n'étant pas matière à vulgarisation. Aussi m'a-t-il paru superflu de l'allonger en répétant ce qui a été bien dit ailleurs. Je n'ai donc pas donné d'analyses détaillées des traités érudits de Boccace; je n'ai ni repris la question des sources, ni abordé celle de la latinité. Mon attention s'est principalement fixée sur les problèmes relatifs à la date de composition de ees divers ouvrages et de leurs remaniements successifs ; dans ce domaine, bien des opinions courantes me paraissent à reviser. Si je propose sur ce point quelques conclusions nouvelles, ce n'est pas dans l'espérance de les voir immédiatement adoptées, mais bien de provoquer des discussions, qui me semblent nécessaires. Comme ces recherches ont un lien étroit avec la biographie, j'ai cru pouvoir les esquisser avec une certaine précision, sans pourtant m'écarter du plan que je m'étais tracé.
Une bibliographie générale, relative à Boccace et à son œuvre, serait le complément indiqué d'un livre de ce genre Mais cette lourde tâche m'a été épargnée par la publication récente d'une Bibliografia Boccaccesca, due à la diligence de M. Guido Traversait. Je ne me suis pourtant pas cru dispensé de donner