AVANT-PROPOS XI
un tableau des ouvrages que j'ai surtout consultés. Le lecteur voudra bien n'y voir qu'un classement méthodique des livres cités dans mes notes. Une multitude de titres pourrait aisément y être ajoutée; mais à quoi bon renvoyer à quantité d'ouvrages anciens, par trop démodés? Pourquoi signaler seulement la fastidieuse littérature des « lezioni accademichc », des « diporti letterari » et autres divagations inspirées par telle ou telle nouvelle, dont la mode actuelle de la critique dite « esthétique » semble ramener le goût en Italie? J'ai fait d'ailllcurs la part la plus large à la production toute récente, à celle que la Bibliographie de (î. Traversait n'a pas pu enregistrer.
Une respectable et charmante tradition veut qu'en ces premières lignes d'introduction un auteur adresse un souvenir reconnaissant aux amis, aux conseillers, aux collaborateurs de lous les degrés, qui l'ont aidé dans son labeur souvent ingrat, et je n'ai garde de me dérober à cet agréable devoir. Mais mon embarras est grand, parce que, véritablement, ils sont trop! Vingt et un ans sont aujourd'hui écoulés depuis le jour où je suis allé m'asseoir sur les bancs de l'Institut royal d'Etudes supérieures (Faculté des Lettres) de Florence, pour y entendre les leçons d'Adollb Bartoli, qui cette année-là justement (la dernière où il ait enseigné) traitait de Boccace, et que je me suis longuement courbé sur les manuscrits du conteur
Ml AVANT-PROPOS
conservés à la Bibliothèque Laijren tienne, à la Ricardienne, à la Nationale de Florence, sous l'attentive direction de mon excellent maître et ami Pio Rajna, dont l'affectueuse bienveillance ne m'a pas abandonné un seul jour! Depuis cette époque déjà lointaine, au cours de travaux d'un autre ordre et de recherches différentes, comment rappeler la constante cordialité, la prévenance amicale, la délicate obligeance que j'ai toujours rencontrées, à chaque nouveau séjour en Italie, auprès des maîtres les plus éminents comme auprès des plus modestes employés des bibliothèques ou des archives? En quel pays est-il donné de travailler au milieu d'une atmosphère plus intime et, si j'ose dire, plus familiale? Aussi mes remerciements ne savent-ils s'exprimer que par une formule très générale : ils s'adressent à la science italienne et à la « gentilezza » toscane; car je leur dois de très hauts enseignements, avec le souvenir ému d'heures charmantes, consacrées tour à tour à l'élude et à des entretiens empreints d'une affectueuse et mutuelle confiance. Je voudrais que le lecteur ajoute pour moi que le travail que j'en ai rapporté n'est pas trop indigne de la grande civilisation de l'Italie.
Paris, décembre 1913.