G. Villani, Cronica, livre IX, c. lvi et suiv
2. Ibid., livre X, c. i. Sur toutes les relations de Florence et de Naples, voir G. De Blasiis, La dimora di G. Boccaccio a Napoli (t. XVII de VArchivio storico per le provincie napolrtonc, p. 485 et suiv.).
leur commerce, outre des charges et des honneurs de toute espèce : la plupart des entreprises publiques et des grands services tombèrent entre leurs mains. Robert,dont le règne ne manqua pas d'un certain éclat, mais qui avait de perpétuels besoins d'argent, était à la merci de ses banquiers florentins, notamment des Bardi, des Peruzzi et des Acciaiuoli, qui dirigeaient d'importantes sociétés l. Etre Florentin, à la cour de Naples, constituait donc une sorte de noblesse : il y avait peu de choses auxquelles un Florentin ne pût pas raisonnablement prétendre. N'allait-on pas voir un descendant des Acciaiuoli, ces marchands de drap, Niccolo, un contemporain de Boccace, devenir grand sénéchal du royaume, et jouer un rôle capital dans une période critique pour l'autorité de ses maîtres?
C'est en sa qualité d'associé des Bardi que le père de Boccace fit, à partir de 1327, divers séjours à Naples, et fut même chargé par la Seigneurie florentine d'une mission particulière auprès du roi Robert; celui-ci. en février 1329, lui donnait les titres de « conseiller, chambellan, commerçant, son familier et son fidèle ami2 ». Sans doute, à ce moment les relations de Giovanni avec son père devaient être assez tendues, en raison de la résistance encore très vive que le jeune homme rencontrait à sa volonté de renoncer au commerce; cependant l'autorité que Boccaccino avait acquise parmi les marchands qui approchaient le monde de la cour dut favoriser les efforts avec lesquels l'adolescent se poussait de plus en plus dans la société aristocratique.