‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 22 sur 199 · G. De Blasiis, article cité, p · texte numérisé non relu

G. De Blasiis, article cité, p

4. Ibid., p. 2U3-294 et 333-335, où sont cités les textes de G. Villani et de Boccace relatifs à ces rumeurs.

FIAMMETTA 43

mariait avec Mathilde de Hainaut, déjà deux fois veuve, et que, en sa qualité d'héritière de la principauté d'Achaïe, Robert obligeait à cette nouvelle union; en présence de ses résistances, le mariage ne fut pas consommé, et Mathilde, jetée dans un cachot du Gastel dcir Uovo, n'en sortit plus, même lorsque Jean de Duras, dûment investi du titre de prince d'Achaïe, trouva un prétexte pour la répudier; ainsi libéré il épousa, en 1321, Agnès de Périgord dont la mère, Brunissende de Foix, passait pour avoir eu beaucoup d'empire sur le pape Clément V1. Boccace a célébré la grande beauté d'Agnès2, et peut-être, dans une de ces allégories qui lui étaient familières, a-t-il voulu flétrir la coquetterie et la dépravation auxquelles cette princesse s'abandonna au temps de son veuvage3. Le fils de Robert n'avait pas été davantage à l'abri des reproches, et un chroniqueur prétend que si le roi se livra à tant de pénitences, après la mort du duc de Calabre, c'était en vue d'expier les péchés de son fils4.

L'austérité tardive de Robert et de la rigide Saneha n'empêcha donc pas que ce règne ne s'achevât dans une suite ininterrompue de désordres, auxquels il fut impossible de mettre un frein5. Boccace qui en fut le témoin et qui ne manqua pas, à l'occasion, de jouer un rôle dans ces fêtes voluptueuses, a laissé de longues descriptions de la vie de délices et de mollesse, à laquelle les jardins de Mergellina et la baie de Pouzzoles fournissaient

Page 1