‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 29 sur 199 · Ameto, p. 146; A. Délia Torre, p · texte numérisé non relu

Ameto, p. 146; A. Délia Torre, p

2. Sonnet 47 de l'édition Moutier (t. XVI des Opère volgari). Le mouvement du sonnet rappelle celui de Pétrarque Non Tesin, Po, Varo, Arno, Adige c Tcbro, mais les tercets ont quelque chose de plus spontané, de plus juvénile; je ne crois pas à une imitation de la part de Boccace, car rien ne permet de considérer le sonnet de Pétrarque comme antérieur, et ces énumérations étaient un artifice assez fréquent; on en trouve d'autres exemples dans les sonnets 44 et 59 de Boccace.

FIAMMETTA 55

joie, digne d'une louange éternelle. Car c'est là que je me suis dépouillé de toutes mes tristes pensées; c'est là que m'a comblé d'allégresse l'Amour, qui est le maître, le souverain dont je tire ma gloire1! »

Il serait difficile d'être plus explicite. Or si le cap Misène fut témoin de la première victoire amoureuse de Boccace, la scène dut se passer au mois de septembre, saison propice aux villégiatures et particulièrement aux chasses2, plutôt qu'aux environs du 1er novembre; et si ce fut réellement dans quelque repli solitaire de ces collines que l'amoureux, devenu tout à coup plus hardi, serra pour la première fois Maria dans ses bras, ce détail s'accorderait exactement avec les expressions employées dans YAmorosa Visione : « M'enfonçant dans une partie plus secrète du jardin, je rejoignais ma dame avec une indescriptible joie, et il me semblait, à ma grande stupéfaction, que je la tenais dans mes bras3. » Mais cette première victoire ne fut sans doute pas définitive, et Boccace, encouragé par la faible résistance de Maria, profita encore de l'absence du mari, quelques semaines plus tard, pour la surprendre une nuit dans ses appartements ; sur ce point YAmorosa Visione confirme Y Ameto *. Ainsi de toute façon l'automne 1336 aurait vu le triomphe amoureux de Boccace.

Si cette date parait trop rapprochée du début de la

1. Sonnet 48 : « in te ogni mia noia Lasciai, e femmi d'allegrezza pieno Colni ch'è sire e re d'ogni mia gloria ».

2. Dans la l'iammetta, l'héroïne s'exprime ainsi (chap. v, p. 93 de l'éd. Moutier) : « Io non vedeva ne monte ne valle alcuna (nei dintorni di Baia) cho io già da molti e da lui accompognata, quando le reti portando, i cani menando, ponendo insidie aile selvatiche bestie, e quando pigliandone, non riconoscessi testimonia e délie mie e délie sue allegrezze essere stata. »

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