Voir ci-dessus, p
venu lui raconte ses propres mésaventures : il lui dit comment, à Naples, il aima une noble dame qui, d'abord, parut répondre à son amour, mais ne tarda pas à le trahir impudemment1.
Cette page amère, la première où Boccace, sous le couvert de ses personnages, ait raconté un chapitre de sa vie, paraît donc postérieure à la trahison, sans doute même postérieure au retour du romancier en Toscane, puisque le consolateur de Fileno, revenant de Naples, passe par Certaldo et poursuit sa route, apparemment vers Florence. Le morceau est inséparable du départ et des pérégrinations du soupirant évincé, lequel lance contre les femmes une invective passionnée fort caractéristique, et d'ailleurs entièrement déplacée dans sa situation, car il n'a aucune trahison à reprocher à Biancifiore : c'est donc bien Boccace qui parle par sa bouche et non lui2. Ainsi la coupure clans la composition du roman peut être marquée au moment où Fileno quitte Marmorina, c'est-à-dire dans la seconde moitié du livre III du Filocolo, d'après les éditions de ce roman divisées en cinq livres3, ou exactement à la fin du
1. Filocolo, t. I, 301-302. Quelques expressions de ce récit ont été rapportées ci-dessus, p. 59 (n. 3) et 60 (n. 2 et 3).