Ibid., p. 12't
mêmes descriptions d'amour naissant, ces scènes de séparation et de jalousie.
La jalousie occupe une place très importante dans les pages qui précèdent immédiatement le départ de Fileno ; l'analyse des angoisses qu'elle engendre y est conduite avec finesse et avec une visible complaisance. On ne peut manquer de se demander si, très vite, avant même d'avoir obtenu les faveurs de Fiammetta, Boccace, rien qu'à voir l'attitude de la belle coquette au milieu de tant de galants empressés, nobles, riches, entreprenants et rompus à toutes les ruses de la stratégie amoureuse, n'a pas connu pour son compte les atteintes de ce mal cruel? N'a-t-il pas mis comme un avertissement solennel dans la leçon qui se dégage de cette gracieuse idylle : « Apprenez donc, ô belles, à n'avoir qu'un seul amour, pour celui qui vous aime d'un amour parfait1? »
1. Filocolo, p. 9; voir aussi à l'extrême fin du livre, t. II, p. 377, où le ton a quelque chose de plus amer et de déçu; voir ci-après, chap. îv, p. 120.