Voir ci-dessus, p. 17 et Miiv
tout ce qui fait la douceur de la vie, voilà ce que j'ai dû quitter, taudis que je me rends vers un séjour où règne la mélancolie et une perpétuelle douleur : là on ne rit jamais, ou fort rarement; la maison obscure, muette, accablée de tristesse, ne m'accueille et ne me garde qu'à mon corps défendant; là, la vue odieuse d'un vieillard glacé par l'âge, rude et avare, augmente à chaque instant mon désespoir1. » Boccace a répété ces plaintes à satiété pendant l'année 1341 2 ; si elles sont comme un prolongement de celles des années précédentes, elles y ajoutent pourtant une note nouvelle : les griefs contre son père.
C'est une histoire délicate à écrire que celle des rapports de Boccaccino et de son fils. A l'origirre, les torts du père furent peut-être seulement d'avoir accordé trop d'empire dans son ménage à sa femme, qui éloigna le petit bâtard ; mais il ne cessa pas de s'occuper de Giovanni réfugié à Naples, bien que l'enfant y suivît fort mal ses conseils. Plus tard, le père et le fils vécurent en bonne intelligence, et Boccace entoura toujours de respect la mémoire paternelle3. La seule période critique de leurs relations est donc limitée aux années 1339-1341, où les affaires de Boccaccino périclitèrent, l'obligeant à réduire