‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 53 sur 199 · hl., p · texte numérisé non relu

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3. Voir ci-dessus, p. 115. — Quelques éditions, notamment l'éd. Moutier, écrivent» Galeone » ; mois ce n'est la leçon ni des plus anciennes éditions, ni des manuscrits.

roi, sous la direction duquel la conversation sera poursuivie avec plus de méthode et de profit; Ascalione, précepteur de Filocolo et doyen d'âge, est unanimement acclamé; mais il se récuse, et, tressant une couronne de laurier, il va la déposer aux genoux de Fiammetta, la plus belle et la plus digne. Celle-ci rougit d'abord, puis accepte, et fixe ainsi l'ordre de la conversation : chacun à tour de rôle exposera une question, un problème, un cas de conscience ou un doute se rapportant à l'amour; la reine proposera une solution, et le préopinant soutiendra la thèse contraire, après quoi la reine rendra une sentence définitive. Gela fait en tout treize « Questions d'Amour », puisque l'un des quatorze interlocuteurs, la reine, se contente de prononcer des jugements. Parmi ces questions, quelques-unes posent des problèmes très généraux : « L'amour est-il un bien ou un mal? » (VII.) — « Entre trois soupirants doués de qualités diverses, une femme donnera-t-elle la préférence à la vaillance, à la courtoisie ou à la science? » (III.) — « Entre deux femmes également dignes d'être aimées, un homme préférera-t-il celle qui lui est supérieure par la naissance et la richesse ou celle qui lui est inférieure? » (VIII). — « Aimera-t-on plutôt une jeune fille, une veuve ou une femme mariée? » (IX). D'autres doutes sont plus subtils et plus curieux : « Une jeune femme donne à un soupirant le bouquet qu'elle portait dans ses cheveux et se pare des fleurs que portait un autre soupirant ; lequel a reçu d'elle une plus grande marque d'amour? » (I.) — « Faut-il plaindre davantage l'amant qui n'est pas payé de retour ou celui qui, payé de retour, est en proie à la jalousie? » (V.) « Deux femmes amoureuses du même homme veulent l'obliger à se prononcer entre elles : elles se précipitent vers lui

ACHEVEMENT DU (( FILOCOLO » \2S

pour l'embrasser; l'une l'embrasse en efïet, mais l'autre s'arrête toute honteuse. Laquelle mérite d'être choisie? » (VI.)

Dans tout ceci, le lecteur a le grand plaisir de trouver un reflet direct et fidèle de la vie de société que Boccace avait connue à Naples. Au début de sa dédicace du Filostrato, le poète rappelle une discussion de ce genre qui avait eu lieu en présence de Fiammetta1; or cette même discussion constitue la XIe question d'amour, et cette coïncidence est un précieux indice de la place qu'occupent les souvenirs personnels dans tout cet épisode. Au reste, le biographe a peu de chose à y glaner, une l'ois qu'il a noté au passage la charmante ballade dans laquelle Caleone explique le sens du surnom de Fiammetta2, et les problèmes piquants, au moins par rapport à la situation où s;4 trouvait Boccace, sur l'opportunité <|im1 peut \ avoir a aimer une femme audessus de sa condition3, et sur les tourments de la jalousie. Sur ce dernier point, l'énoncé de la question l'ait intervenir un personnage d'amant trahi, en qui l'on peut une fois de plus reconnaître l'auteur4; et c'est lui encore qui répond, par la bouche de Fiammetta. qu'aucune torture n'est plus redoutable que la jalousie, dont il trace un tableau fort poussé :i.

Mais l'intérêt du morceau est surtout littéraire : dans ces galantes assises, présidées par une reine d'un jour, on reconnaît, mieux encore que dans YAmeto, une pre-

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