L « AMOROSA VISIONE
dont la beauté resplendit aux eôtés de Cupidon ' ; ses regards produisent déjà le miracle que décrira plus tard le Politien célébrant les charmes de Simonetta : « Autour d'elle la prairie semblait se réjouir : on se serait cru au printemps, sous le rayonnement de son beau visage ». La monotonie de ces tableaux est interrompue par quelques accents de satire clans la description des avares qui font cortège à la richesse : on y voit le roi Robert de Naples, tonte une troupe de gens d'église, et le père de Boccace2.
Ces tableaux allégoriques et didactiques ont peu d'attraits pour les lecteurs modernes; ils étaient dans le goût du xive siècle, et lorsque Pétrarque composa ses Triomphes, il tira certainement plus d'inspirations de VA/tforosa Visione que de la Divine Comédie*. Ainsi les deux œuvres aujourd'hui les plus démodées de Boccace, VAmeto et VAmorosa Visione, ont eu du moins l'honneur de frayer la voie à deux des œuvres qui devaient avoir le plus de retentissement à l'époque de la Renaissance, X Arcadie de Sannazar '" et les Triomphes de Pétrarque.
La salle où pénètre ensuite le poète lui présente un spectacle moins séduisant : on y voit figurées, en une longue série d'exemples fameux, l'inconstance de la fortune et l'instabilité des choses humaines. Le moment parait propice à la vertueuse conductrice de Boccace, pour le remettre dans la bonne voie : avec une éloquence qu'elle s'efforce de rendre persuasive, elle tente de le ramener vers la porte étroite, vers le seul bonheur qui ne trompe pas. Mais tout en l'écoutant d'une oreille