‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 59 sur 199 · G. xiv · texte numérisé non relu

G. xiv

3. Voir G. Appel, Die Triumphe Petrarcas, p. xxxiv et suiv., etE. Proto, La composizione dei Trionfii'p. 10 et suiv.

'i. Voir ci-dessus, p. 110.

distraite, le poète avise un jardin rempli de fleurs et d'harmonie, et la scène du début se renouvelle : il fausse compagnie à la raisonneuse, qui s'obstine pourtant à le suivre (c. xxxviii). Dans ce merveilleux jardin, Boccace remarque maintes jeunes beautés, dont la présence rend ce séjour enchanteur, et ses tercets les désignent d'une façon plus ou moins directe et transparente1. Mais l'épisode le plus important est, bien entendu, celui où cet insatiable curieux s'éprend d'une noble dame en qui l'on reconnaît Fiammetta sans la moindre difficulté2. C'est pour lui l'occasion de retracer toute l'histoire de ses amours, sans en omettre les incidents les moins chastes, les premières étreintes (c. xlvi) et la possession complète (c. xlix)3. Pour concilier la hardiesse de ce réalisme avec la spiritualité du « dolce stil nuovo », Boccace recourt à quelques artifices ou naïfs ou, choquants — naïfs, quand il raconte qu'il n'obtient qu'en rêve les faveurs dernières de sa dame 4, choquants lorsqu'il veut nous présenter cette beauté charnelle, qu'il dévore de baisers, comme un symbole de la félicité céleste.

En effet, quand sur les conseils de Fiammetta, Boccace se met h la recherche de la prudente dame à laquelle il a si discourtoisement tourné le dos, et qu'il la ramène vers sa bien-aimée, les deux femmes se saluent comme

1. Sur les identifications de ces nobles dames, voir C. Antona-Traversi, Notizie istoriche suW Amorosa Visionc (Studi di filologia romanza, t. I, p. 425-44'j); V. Grescini, Contribulo, p. 138; F. Torraca, Fer la biografja di G. B., p. 120 et suiv. — Quelques noms reparaissent ici, qui avaient déjà figuré dans YAmclo, outre Fiammetta, par exemple la belle Lotliera, femme de Néron Nigi (voir ci-dessus, p. 115).

2. Elle est clairement désignée par son prénom et son nom de famille, au cap. xliii; voir V. Grescini, Contribulo, p. 124 et suiv.

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