‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 61 sur 199 · Contributo. p · texte numérisé non relu

Contributo. p

L (( AMOHOSA V1SIOXE » 139

indice de l'éloignement infini de sa pensée par rapport à celle de Dante !

Les fragments du Canzoniere de Boccace qui nous sont parvenus renferment quelques exemples de cette inspiration amoureuse spiritualisée : la beauté de sa dame a détourné le poète de « l'oisiveté chère au monde trompeur »; elle a « éveillé sa vertu endormie », elle l'a « conduit jusqu'au point où tout être vaillant est en mesure d'atteindre le but glorieux » *. La douceur de ces yeux, de cette bouche, de ces cheveux, de ce sourire, donne à l'amoureux l'impression que le ciel s'entrouvre, et que la joie se répand sur la terre entière; le poète se sent meilleur en pensant que cette créature céleste habite notre monde2. Avec les sonnets écrits après la mort de Fiammetta, l'imitation de Pétrarque, autant que celle de Dante, deviendra encore plus manifeste3; mais c'est dans YAmorosa Visione, dont la date peut être fixée avec une suffisante précision, que celle inspiration amoureuse idéalisée apparaît distinctement pour la première fois dans l'œuvre de Boccace. Très curieuse au point de vue psychologique, elle a trouvé dans la conception de ce poème une application d'une maladresse insigne *.

Page 1