‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 63 sur 199 · Voir ci-dessus, p. 104 et suiv · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 104 et suiv

2. Voir V. Grescini, Contribulo, p. 155, dont les calculs ne demandent à être complétés que par deux observations : dune part, nous pouvons aujourd'hui affirmer que Boccace rentra à Florence è la fin de 1340; de l'autre, il est inexact que le livre ait dû être rédigé avant la mort du roi Robert; voir la note suivante.

3. Les expressions employées par Fiammelta pour vanter à son amant la prospérité de Naples sous le gouvernement du roi Robert, ont donné à penser que le passage (p. 43 de l'éd. Moutier) avait été écrit avant la mort du monarque (janvier 1343); mais ce discours, adressé par Fiainmetta à son amant pour le détourner de quitter Naples, se place nécessairement avant la fin de 1340, au début de l'action; il ne prouve donc rien pour la date où Boccace le mit par écrit.

LA « FIAMMETTA )) 143

s'était encore accentuée depuis le moment où il avait écrit le c. xiv de YAmorosa Vi.s-ione1; car son porteparole, dans la Fiammetta. dit : « L'inévitable mort, fin dernière de toutes choses humaines, n'a laissé que moi à mon père, de plusieurs enfants qu'il avait; il me réclame auprès de lui. Depuis quelques mois, j'ai imaginé toutes les excuses possibles pour éviter de quitter Naples ; mais enfin il n'en accepte aucune, et au nom de mon enfance qu'il entoura de tendres soins, au nom de l'affection qu'il m'a constamment témoignée et du respect que je lui dois, il fait appel à l'obéissance filiale, et me conjure de ne plus tarder2 ». Ces expressions forment un violent contraste avec les sentiments que Boccace, nous le savons par ailleurs, éprouva au moment où son père le mit en demeure de rentrer à Florence.

Quelques-unes des circonstances qui purent contribuer à cette détente nous sont connues. Bien que Boccaccino eût alors au moins soixante ans, il se remaria : un acte du 21 mai 1343 nous révèle le nom de sa seconde femme, Bice di Ubaldino de' Bostichi 3, et le mariage, si l'on en juge par un passage de la Fiammetta, avait eu lieu dès le milieu de l'année 1341 \ Soutenir que cette union remplit Boccace de joie serait sans doute très exagéré5; cependant la présence d'une femme rendit apparemment un peu d'animation à la triste maison du vieux marchand, et il y a lieu de supposer que celui-ci s'était choisi une

Page 1