‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 65 sur 199 · I. V. Grcscini, Contribulo, p. 166-168 et · texte numérisé non relu

I. V. Grcscini, Contribulo, p. 166-168 et

une œuvre bien personnelle. Ce q^i est choquant, c'est l'emploi de certains artifices dont la convention cadre fort mal avec le réalisme d'une action contemporaine; au premier chapitre par exemple, après les vigoureuses admonestations de la nourrice, l'apparition de Vénus et son discours à Fiammetta rappellent désagréablement les premiers livres du Filocolo. Les mentions perpétuelles de personnages mythologiques, dont le souvenir ne s'impose pas, refroidissent l'expression des sentiments les plus passionnés, et tombent dans la pure déclamation, notamment au chapitre vin, où Fiammetta compare son infortune à celle des plus fameuses héroïnes de l'antiquité, pour conclure qu'aucune ne mérite d'inspirer une plus grande pitié qu'elle.

Ce défaut saute à tous les yeux; pour ne pas l'exagérer, il importe de se dire que cette multitude de réminiscences, pour nous banales et déplacées, avaient alors un attrait de nouveauté qu'elles ont totalement perdu. Certains critiques modernes en font à Boccace un grief excessif : l'un remarque qu'évoquer le souvenir de Médée est bien imprudent, car « le seul rapprochement de ce nom avec celui de Boccace produit un contraste tel qu'il éveille le sourire1 ». Pourquoi? Médée, avant de chausser le cothurne tragique, a été une simple femme, passionnée, trahie, en proie à une atroce jalousie, exactement comme Fiammetta. Un autre, le célèbre F. De Sanctis, l'oracle de la critique esthétique, décrète que Boccace est « incapable de trouver la forme qui convient au contenu de son livre », car il va l'emprunter aux anciens, au lieu de « se mettre directement en communion avec son sujet et d'exprimer natu-

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