‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 69 sur 199 · Ibid., st. 55 : « Gbe in men furon di non ne scoppiare · texte numérisé non relu

Ibid., st. 55 : « Gbe in men furon di non ne scoppiare

trouve un aliment naturel clans les ébats que prennent librement autour de lui ses taureaux et ses génisses1. Mais Boecace pousse le réalisme plus loin encore, et l'oaristys d'Affrico et de Mènsola contient quelques expressions équivoques, dont la verve populaire, volontiers rieuse sur ce chapitre2, s'accommode mieux que la poésie ovidienne, nuancée par ailleurs d'idéalisme dantesque3. Cette apparition d'une ombre de libertinage dans quelques vers du Ninfale est une nouveauté fâcheuse par rapport au Filostrato et a la Fiammetta ; est-ce une indication que Boecace s'acheminait vers certaines joyeusetés du Décaméron? Il en résulte, dans cette idylle erotique, dont le sensualisme est par ailleurs assaini par un si large souffle de poésie de la nature, une ou deux légères fausses notes. Elles viennent rappeler à propos que la naïveté du Ninfale n'est qu'apparente, et que la fusion des divers éléments, savamment rapprochés par Boecace, n'est pas de tous points parfaite. Cependant l'impression d'ensemble est harmonieuse; moins fort, moins profondément sincère et d'une originalité moins féconde que la Fiammetta, le Ninfale est pourtant une œuvre d'art mieux réussie ; c'est la plus satisfaisante qu'ait produite Boecace durant la première et laborieuse période de son activité littéraire. Lorsqu'on lui donne le titre de « poète », on ne lui accorde que ce qui lui est dû pour cette seule histoire de Mènsola et d'Affrico.

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