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graves embarras, où l'imprudence d'un gouvernement faible et les divisions intestines jetaient la république, inspirèrent aux Florentins l'idée de recourir au remède dont ils avaient plusieurs fois usé, c'est-à-dire de remettre pour un temps les destinées de leur ville entre les mains d'un prince qui inspirât une égale confiance aux divers partis; mais le fils du roi Robert, Charles de Calabre, déjà investi de ces fonctions en 1326 l. était mort ; à qui faire appel? Le pacificateur de Florence se présenta sous les espèces d'un aventurier français, allié aux maisons régnantes de France et de Naples, et en quête d'une principauté : Gautier de Bricnnc. ou comme il s'appelait pompeusement, le duc d'Athènes, fut d'abord acclamé comme un sauveur par les Florentins, avec un enthousiasme immodéré; mais il se rendit vite odieux par une tyrannie brutale et sanguinaire. Florence était peut-être mûre pour une dictature voisine de l'absolutisme; cependant les citoyens tenaient par-dessus tout à voir sauvegarder les apparences du gouvernement populaire auquel ils étaient passionnément attachés; pour leur faire accepter le pouvoir personnel, il fallait toute la prudence, le tact, ou plutôt l'hypocrisie, que Cosme et Laurent de Médieis surent déployer un siècle plus tard. Gautier de Brienne n'était pas de taille à jouer ce rôle : en juillet 1343, il fut ignominieusement chassé, et son équipée, dont la durée n'atteignit pas même un an, reste un des épisodes les plus curieux de l'histoire intérieure de Florence : on y voit s'étaler au grand jour l'imprévoyance, l'égoïsme, les haines de partis, la mobilité et à certains moments la férocité de ce peuple2, dont on a