D. M. Manni, Istoria dcl Decamerone, p
hauvette. — Boccace. lo
Boccace, que cet événement et les formalités d'une succession assez compliquée avaient rappelé à Florence, comparaissait devant notaire en qualité de tuteur de son jeune frère Jacopo l ; celui-ci n'était qu'un enfant, né vers 1343 du dernier mariage de Boccacciuo 2.
Boccace revenait donc sur les rives de l'Arno pour y occuper la maison paternelle et y entrer en possession de l'héritage, modique à la vérité, qu'il devait partager avec son petit frère. Sa vie s'oriente alors d'une façon assez nouvelle, non pas quant à ses occupations littéraires favorites, mais par la place qu'il va occuper immédiatement parmi ses concitoyens. Jusqu'à cette date, il n'avait été Florentin qu'à son corps défendant; désor-, mais son parti est pris : si modeste que soit son patrimoine, il s'en contentera; malgré les tentations, qui pourront l'assaillir encore à plusieurs reprises, d'aller se fixer à Naples, sa vie s'écoulera principalement à Florence et à Gertaldo, dans le culte de plus en plus fervent de son indépendance et de l'étude. Sa naissance et sa jeunesse auraient pu faire de lui un poète cosmopolite et courtisan : il opta pour la condition de Florentin, et devint un notable citoyen, que ses compatriotes chargèrent volontiers de fonctions hautement honorables, et parfois délicates, sinon très lucratives.
La série de ses missions commence, dès septembre 1350, par une ambassade en Romagne, dont nous con-