Corbaccin, p. 189-190 (p. 279-280 de l'éd. Sonzogno
2. « Mndnme une Telle, fille de Tel et Tel », ibid., p. 220 (p. 298).
de rentrer chez mon père. Bien plus; ma terreur fut telle que, abandonnant les coteaux de Toscane, je vins à Naples exercer la profession que j'avais apprise1. »
L'allégorie des deux ours a donné naissance à d'assez curieuses discussions. Pour M. V. Crescini, il faut y reconnaître Boccaccino et Marghcrita2. Mais plus récemment, cette interprétation a paru offensante pour les sentiments filiaux du romancier : dans YAmorosa Visione et dans la Fiammetta ne rend-il pas hommage aux soins dont son père avait entouré son enfance? Boccace était donc incapable de le représenter sous les traits d'un ours féroce! Il s'agit ici en réalité de Marghcrita et de son fils Francesco, non de Boccaccino3. — Voilà une singulière allégorie, qui recourt à l'image de deux ours pour désigner une mère et son enfant! Que ne parlet-elle au moins d' « une ourse et de son ourson »? Il est exact que dans YAmorosa Visione. dans la Fia ni me! (a, et plus tard encore, Boccace s'est exprimé au sujet de son père avec plus de respect; mais cela ne peut aucunement empêcher qu'à la fin du Filocolo et dans YAmeto, il ne l'ait représenté comme un être grossier, un traître4, un lâche, indigne de sa conquête parisienne, et qu'il n'ait rappelé, avec une extrême dureté, la ruine et les deuils qui avaient vengé sa mère — et lui-même5. Ces variations sont l'indice certain d'un cœur passionné, d'une nature impétueuse, injuste parfois, mais toujours sincère;