D. M. Manni, p
lui-même le point de départ de nouvelles variantes et de nouvelles contaminations. On voit donc comment l'hypothèse de la transmission orale peut seule aider à démêler certains écheveaux, embrouillés comme à plaisir.
Mais ce n'est qu'une hypothèse, aussi bien d'ailleurs que la théorie de l'origine exclusivement orientale de tous nos contes, et il ne faut pas qu'une hypothèse devienne un dogme. Comme il a été salutaire qu'un savant osât battre en brèche la théorie orientale *, il est bon qu'une réaction se dessine, en ce qui concerne Boccace, contre l'idée qu'il a emprunté la presque totalité de ses nouvelles à la tradition orale 2. Le beau travail de M. Landau sur les sources du Décaméron\ où, à propos de chaque conte, sont signalés une multitude de récits plus ou moins analogues, sans qu'on voie clairement quel est leur rapport exact avec l'œuvre de Boccace, a favorisé cet état d'esprit chez les critiques, depuis A. Bartoli 4 jusqu'à G. Grôber5 : l'hypothèse de