‹ Boccace, étude biographique et littéraireChapitre 99 sur 199 · Pio Rajna, Romania, t. XXXI, p · texte numérisé non relu

Pio Rajna, Romania, t. XXXI, p

4. La princesse Madhavî, dans le Mahabarata, a quatre enfants de quatre rois, mais elle a le privilège de redevenir vierge chaque fois (t. VI, p. 232-241 de la trad. Fauche); le huitième des Dodici conti jiiorali (ïanonimo senese (Bologne, 1862), remontant au xm° siècle, parle d'une Abbesse, dont la miraculeuse virginité se retrouve dans le fabliau de « l'Abbesse qui fut grosse » (Barbazan-Méon, II, p. 3 14).

5. Il est vrai que le rôle de Boivin, dupeur, est différent de celui d'Andreuccio, dupé; mais la situation offre d'indéniables analogies dans plusieurs circonstances.

littéraire l9 et probablement moins encore dans les récits aimés du peuple. Dans la célèbre nouvelle de Nastagio degli.Onesti, ou de la Chasse infernale (V, 8), la donnée essentielle du récit est tirée d'Hélinand, à travers Vincent de Beauvais; mais le sens de la vision, son application, ses conséquences, vont directement à l'encontre de la pensée du modèle de Boccace : à la morale ascétique se substitue la glorification de l'amour — pour ne pas dire de la galanterie. Il est possible que cette déformation soit empruntée à des contes orientaux 2, ou qu'elle reflète une tradition de la poésie amoureuse du moyen âge3; de toute façon, elle altère profondément le texte imité, et, comme le conteur y mêle aussi mainte réminiscence dantesque 4, son œuvre a une physionomie bien particulière, à laquelle on ne saurait refuser le mérite d'une incontestable originalité5.

Quand on a soigneusement passé en revue ceux des contes du Décaméron que l'on peut rattacher, avec quelque vraisemblance, soit à une origine littéraire, soit a la tradition orale, il en reste au moins une quin-

zaine dont les sources demeurent, jusqu à nouvel ordre absolument ignorées, et parmi ces nouvelles se rangent quelques-unes des plus célèbres : c'est par exemple l'histoire de la patiente Griselda (X, 10), dont on sait seulement que Pétrarque la connaissait, bien avant d'avoir lu le Décaméron", et celle du faucon (V, 9),

1. Boccace a raconté doux fois l'histoire delà vivante ensevelie et ressuscitée (Roma?iia, t. XXXI, p. 57); voir aussi sa nouvelle IX, 1.

2. Tel est l'avis de L. Di Francio (Giorn. stor., t. XL IX, p. 269 et suiv.).

3. C'est la thèse de W. A. Neilson (Rornania, t. XXIX, p. 85 et suiv.).

4. Ces réminiscences ont été relevées soigneusement, en dernier lieu par N. Scarano, dans la Misecllanea offerte à Pio Rajna, p. 423 et suiv.

5. Une déformation toute pareille est à signaler dans le dénouement de la nouvelle VII, 10, et même.de IV, 9.

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