COHÉ.MIKNS
L'abbé sentit, son cœur s'oppresser. Il aimait, malgré lui, cet liomme chez lequel il eût voulu rencontrer de la tendresse, et qu'il était forcé de mépriser.
— J'accepte votre haine, monsieur, quoiqu'il m'en coûte. Le bonheur de ma vie dépend de cette occasion, et je ne la laisserai point échapper. Je pose les conditions du traité. Pendant liuit jours, vous m'accorderez les faveurs que, sur ma demande, vous pourrez obtenir dans les limites de votre influence; ma loyauté n'abusera de rien. Ces huit jours expirés, vous m'honorerez du grade de caporal dans une compagnie quelconque, où vous m'entretiendrez, moyennant mille livres par an ; c'est raisonnable, n'est-ce pas? J'exige la dignité de caporal, afin de n'être pas contraint de monter la garde en hiver, ce qui me paraîtrait fort désagréable par les grandes gelées. J'ai dit.
— Et moi, monsieur, j'y tâcherai.
— C'est dans votre intérêt.
L'abbé sortit en saluant M. de Montalègre avec cérémonie, frappa rudement sur l'.épaule de maître Pierre qui sommeillait et qui faillit tomber à la renverse, puis descendit lentement l'escalier en laissant résonner le bout de son épée sur chaque marri le.
L'huissier se rencogna avec une répugnance marquée, les valets se rangèrent pour laisser passer rabl)é pourfendeur.
Celui-ci s'arrêta devant eux, tira de sa poche la bourse de M. de Nerlanges, et la leur jeta.
— Prenez cet or, gage opulent de ma munificence, et rappelez- vous, maroufles, qu'on ne fait jamais faire anticliam])re à monsieur de Monlaran.
Une. minute après, les passants étaient forcés de se ranger au plus vite devant un jeune aljf)é, à qui la rue des Lions- Saint-Paul semblait appartenir.
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