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lantes, se fut éteint comme perdu dans les nuages, Gianina dit un chant mêlé de récitatifs qui s'acheva par un cri de triomphe, et le motif sans paroles qui l'avait précédé recommença plus joyeux, plus varié, plus éblouissant de verve; les notes se succédaient rapides, infinies; quelque chose de suave et de mélancolique, ainsi que la reconnaissance et l'amour, dominait comme un mélodieux soupir cet insaisissable déluge d'iiarmonie. De Guise comprit celte plainte charmante, mêlée à tant de joie, cette vibration énlienne, s'exhalant malgré elle peut-êlre de l'àme de Gianina, en proie aux tempétueux délires de l'inspiration.
Des applaudissements frénétiques, des cris, des trépignem.ents couvrirent le dernier son mourant de celte voix divine. Lorsque cet élan fut calmé, Gianina avait disparu.
On remarqua que M. de Xerlanges se mordait les lèvres, que les yeux de Peppo brillaient d'un feu sombre, et que le chevalier de Guise, rayonnant d'un vaniteux plaisir, cacliait quelque chose dans son pourpoint.
Le marquis de Saint-Yves s'approcha de lui :
— Eh bien, monsieur de Guise, dit-il, non sans une légère nuance d'embarras, comment trouvezvous notre Gianina? vous ne la connaissiez pas
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encore , ne venant plus à la taverne de la Cour. Elle y fait nos délices.
— C'est une ravissante créature, répondit de Guise.
— Et une féroce vertu, s'écria de Fergi.
Le chevalier de Nerlanges, plein de dépit, s'était approché et considérait de Guise avec impertinence.
— Vive Dieu! monsieur, lui dit-il, j'adore en vain Gianina depuis.une semaine, je me confonds à le lui dire, et pas un sourire de sa bouche n'est encore venu me donner quelque espérance. Soudain vous paraissez, vous déployez un luxe fastueux de sentiments chevaleresques, et ses yeux vous remercient de façon à me prouver que ma déroute est complète.
— Je n'ai pas interprété comme vous le regard de Gianina, répondit M. de Guise, sur le même ton ; si pourtant monsieur de Nerlanges exigeait...
— Nous nous reverrons, monsieur, interrompit le chevalier.
— C'est mon plus vif désir, repartit M. de Guise avec une exquise politesse.
Le soleil était couché; les premières ombres du crépuscule s'étendaient sur la forêt de Vincennes. Les gentilshommes avaient fait leurs adieux aux
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})ohémiens et étaient remontés sur leurs chevaux qui piaffaient au départ. Le chevalier de Nerlanges s'était enaparé de la monture d'un piqueur, en murmurant contre le marquis de Saint-Yves. Le chevalier de Guise s'était éclipsé. On s'en aperçut.
— Où est donc M. de Guise? s'écria le comte de Fergi, en cherchant des yeux dans la foule des cavaliers.
— Au fait, s'écria Saint-Yves, il a bien brusquement disparu!
— Je gage, dit le chevalier, affectant un air léger, je gage qu'il aura suivi Gianina!
On rit un peu, et le l)rillant essaim prit au galop la route de Paris.
Le chevalier de Nerlanges, tout à ses pensées, retint son cheval, qui se cabra, et qui, frémissant d'impatience, l'oreille dressée, l'œil ardent tixé sur le nuage de poussière que soulevaient les pieds rapides de ses compagnons, hennit avec force.
— Oh! s'écria le chevalier, en laissant déborder sa haine; qui me débarrassera de cet homme?
— Moi î dit une voix près de lui.
Le chevalier tressaillit, baissa les yeux, et aperçut Peppo s'appujant sur son bâton ferré.
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